Proto-Ñyqy
Un détail de la langue construite prototype du Proto-Ñyqy, et une rapide description de son peuple et sa culture

Table des matières

Propos préliminaires

Avant-propos

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Ce document traite d’une langue imaginaire que j’ai créé. Cependant, il sera rédigé comme s’il s’agissait d’une tentative de description de la langue par un linguiste travaillant dessus. Ainsi, si dans certains passages vous pouvez lire « mais plus d’études sur le sujet sont nécessaires » ou « cet aspect de la langue n’a pas encore été sujet à des analyses plus approfondies », comprenez par cela que je n’ai pas encore travaillé sur ou fini cette partie qui peut être sujet à des mises à jours dans le futur. Seul le chapitre actuel et le chapitre suivant seront rédigés en dehors de ce style.

Introduction sur le Proto-Ñyqy en tant que langue construite

Depuis plusieurs siècle déjà, la création de langues est une discipline ayant intriguée les Hommes, certains créant des langues dans des buts religieux, philosophiques ou idéalistes, tandis que d’autres n’en créent que dans un but artistique, que ce soit pour compléter une œuvre comme l’a fait JRR Tolkien avec ses diverses langues dont les langues elfiques pour compléter son univers présenté dans Le Seigneur des Anneaux, ou bien dans le but purement artistique de créer une langue pour la beauté du geste, pour l’œuvre que cette langue peut être en elle-même. Et parmi ces langues, deux groupes se distinguent : les langues a posteriori, qui sont des langues crées avec d’autres langues servant pour base, comme c’est le cas de l’Esperanto ou du Elefen, ou bien qui sont créées a priori, c’est à dire sans aucune base au préalable autre que des connaissances linguistiques suffisantes pour pouvoir créer une langue, comme pour le Klingon de l’univers de StarTrek.

Durant ces dernières décennies, aidés par l’avènement d’internet, les créateurs de langues, auquel on se réfère par « idéolinguistes », ou « conlangers » dans la langue de Shakespeare, ont pu se fédérer, échanger, et améliorer leur art tout en le propageant. Et à l’heure actuelle, inspirés par des pièces artistiques comme la série télévisée « Game of Thrones », de nombreux idéolinguistes aspirent à créer une langue qui leur est propre, et qui apparaisse comme étant une langue naturelle. Pour cela, plusieurs solutions sont possibles : la création immédiate de la langue cible, puis d’une incorporation de règles aléatoires afin de simuler une langue naturelle avec ses irrégularités qui lui sont propres, ou bien créer une langue prototype de laquelle de nouvelles langues seront créées.

Le Proto-Ñyqy n’a pas aspiration à être une langue ayant un aspect naturel. Il n’a pas non plus aspiration à être une langue particulièrement complète ou riche, il n’a pas aspiration à être parlé par des êtres formidables d’une série télévisée. Le Proto-Ñyqy n’a qu’une aspiration : être une de ces langues prototypes, ou proto-lang, créée a priori, et sur laquelle reposeront d’autres langues ayant évoluées des bases que posera cette langue source. Quelques règles seront insérées afin de donner un semblant d’irrégularité ou de naturalisme au Proto-Ñyqy, mais ces règles resteront simples, à l’instar de ses autres règles grammaticales.

Introduction sur le Proto-Ñyqy

Toute langue dans notre monde vient de quelque part. Toute langue descend d’une autre langue, qui fut parlée fut une époque, et qui ne l’est probablement plus. Peut-être y a t’il eu un jour la première langue parlée au monde, ou bien peut-être a-t-elle apparu si lentement qu’il nous serait impossible de distinguer le moment où une première langue apparu réellement. Peut-être n’aurons-nous jamais idée de ce à quoi ressembleront les premiers sons émis par nos ancêtres, comment ils communiquaient entre eux.

Cependant, grâce aux langues actuelles et les langues disparues mais dont nous avons toujours la trace grâce à d’anciens documents, la linguistique moderne peut faire des rapprochement entre ces différentes façons de s’exprimer. Nombre de mes prédécesseurs et collègues mirent déjà en évidence des relations entre différentes langues, l’une étant sœur de l’autre, mère de l’autre et ainsi de suite. Ainsi, progressivement, un arbre généalogique des langues du monde se construit au fur et à mesure des recherches et découvertes, retraçant petit à petit l’histoire de nos différentes langues, leur parentés ; et cela nous donne également des indications sur les origines des peuples qui parlaient ces langues, de leur itinéraire sur notre globe durant les jeunes années de notre espèce.

Nous avons aujourd’hui un point où il nous est possible d’oser imaginer ce à quoi pouvait ressembler les formes les plus anciennes de civilisation grâce à l’une des plus anciennes langues qui nous soit connues, le Proto-Ñyqy, langue mère de plus de la moitié des langues du monde, parlée il y a entre huit et onze mille ans dans l’un des berceaux de notre civilisation. Plusieurs illustres collègues ont déjà travaillé sur cette langue et sur sa reconstruction, et ont fait des progrès fabuleux sur cette langue légendaire. J’ai moi-même pu assister certains de ces collègues dans leurs recherche. Cependant, cette implication m’a amené à une réalisation cruciale : jusqu’à présent, quelqu’un intéressé par le Proto-Ñyqy ne pouvait facilement accéder à un condensé des résultats des recherches existantes, présents en un unique ouvrage se présentant comme une grammaire technique de la langue. Ainsi, j’ai entrepris de le rédiger dans cet ouvrage dans l’espoir que cela facilite la tâche de mes collègues et futurs collègues dans leurs études de cette merveille qu’est le résultat de cette collaboration linguistique internationale s’étant étalée sur plusieurs siècles, aidés par les écrits survivants de la précédente Ère. Je suis pleinement conscient que ce document risque d’un jour être obsolète, et ce jour-là, une nouvelle version deviendra nécessaire. Je prie simplement pour que mes efforts puissent être à la hauteur des efforts déployés par mes collègues afin de découvrir tout ce savoir. 4Hje2lpel.

Conventions typographiques

Dans ce document seront utilisé certaines conventions typographiques, dont des gloses grammaticales interlignes3, une étoile * précédant des éléments linguistiques considérés comme erronés, un point d’interrogation ? afin de marquer des éléments linguistiques questionnables, ou bien dans les gloses une utilisation du chiffre zéro 0 afin de marquer une absence d’un ou plusieurs éléments.

Liste d’abréviations

Un certain nombre d’abréviations seront utilisées dans ce document en particulier lors de l’expression de relations grammaticales ou d’éléments grammaticaux. Il est donc important pour les personnes souhaitant étudier cette langue de savoir à quoi cela correspond. Voici une liste que je m’efforce à garder exhaustive des abréviations que vous pourrez rencontrer plus tard.

1
première personne
2
deuxième personne
3
troisième personne
ABS
absolutif
art.indef
article indéfini
art.def
article défini
DAT
datif
ERG
ergatif
F
féminin
gp
particule grammaticale
IND
indicatif
IPA
Alphabet Phonétique International (International Phonetic Alphabet)
IRR
irréel
M
masculin
n
nom
nbr
nombre
NPST
non-passé
OBL
oblique
OPT
optatif
ORD
ordinal
PROG
progressif
pron
pronom
PST
passé
SUBJ
subjonctif
TERM
terminatif
vi
verbe intransitif
vt
verbe transitif

1 Sociolinguistique du Proto-Ñyqy

1.1 Le peuple, son regard sur lui-même

Peu de choses sont connues sur ce peuple, du fait de sa distance avec nous, et du peu d’éléments dont nous disposons directement ou indirectement. Beaucoup de nos connaissances actuelles nous parviennent soit des écrits survivants de l’Ère précédente, soit de recherches archéologiques, soit de recherches linguistiques.

Le nom de la langue fut choisi par des linguistes de l’Ère ancienne, très probablement du fait de la signification du mot : « nous ». Il semblerait également que le terme ait été utilisé par le peuple Proto-Ñyqy pour se désigner lui-même, mais nous disposons de trop peu de preuve permettant d’affirmer cela avec certitude. Le terme Ñyqy/ɴyħy/ s’analyse en deux morphèmes basiques, ñy/ɴy/ et qy/qy/. Le terme ñy/ɴy/ est le pronom personnel du singulier, et qy/qy/ qui le suit a plusieurs utilisations, le chiffre 6 (le Proto-Ñyqy est une langue dont le système numérique est un système hybride entre une base six et une base treize) ou bien la pluralité, ici infléchissant le ñy/ɴy/ afin de former la première personne du pluriel.

Il est à noter que le nom de cette langue est traditionnellement écrite en un seul mot, cependant et comme nous le verrons plus tard, il s’agit d’une mauvaise habitude : chaque élément peut être analysé individuellement et peut donc être considéré comme mots séparés, d’où la néographie « Proto-Ñy Qy » que certains de mes collègues utilisent, tentant de corriger cette erreur maintenant multi-centenaire. Bien que je salue leur initiative je continuerai de nommer cette langue « Proto-Ñyqy » dans cet ouvrage afin de suivre la norme et afin de ne pas désorienter les personnes n’ayant encore jamais rencontré cette néographie, et pour cela je présente mes excuses aux collègues sus-mentionnés.

Dans certains cas, d’autres s’y référeront en tant que « Ñyqy », ou « Ñy Qy », mais cette dénomination est plutôt rare, étant donné que cela peut prêter à une confusion entre le nom de la langue et celui de la famille de langues dont le Proto-Ñyqy est l’ancêtre.

1.2 Recherches précédentes

Comme mentionné plus tôt, le Proto-Ñyqy est l’objet depuis fort longtemps de recherches linguistiques, tout d’abord par des linguistes ayant vécus lors de l’Ère précédente. Ces linguistes sont pour la plupars devenu malheureusement anonymes, leurs noms ayant été effacés par le temps ; seuls Jehhe Chorr Ovehhe et Airr Yndn Ovehhi peuvent encore être crédités pour leurs recherches sur le sujet. Les connaissances de tous ces linguistes d’un autre temps étaient possiblement bien plus vastes que ce que nous avons pu récupérer, probablement similaires à celles dont nous disposons aujourd’hui. Cependant, nous savons que seul peu de témoignages de cette époque ont pu nous parvenir, et que les restes de l’Université de Ðbńo relève du miracle archéologique.

Ces premières recherches, une fois traduites, ont servi de base aux deux derniers siècles de recherche en direction du Proto-Ñyqy, avec notamment les recherches du Pr Loqbrekh (3489) le siècle dernier qui a réalisé d’importants progrès sur l’étude de cette langue grâce à l’addition de l’analyse du Énanonn, ainsi que les études du Pr Khorlan (3598) qui, il y a cinq ans, a également énormément fait progresser les recherches grâce à ses travaux sur le Tãso. Je me reposerai principalement sur leurs recherches afin de rédiger cet ouvrage, ainsi que leurs références diverses.

1.3 Ethnologie

Les informations suivantes résument nos connaissances sur le peuple Proto-Ñyqy. Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à l’ouvrage Le peuple Proto-Ñyqy du professeur K. Yerth, 3404. Un avertissement est tout de même nécessaire :

Nous n’avons que très peu de preuves et témoignages directs sur le peuple Proto-Ñyqy autre que par les ouvrages des scientifiques de l’Ère ancienne, et actuellement par les recherches linguistiques menées par des chercheurs contemporains à cet ouvrage. Par conséquent, même si les anciens paraissaient très confiants dans leurs découvertes, il nous est impossible de considérer nos connaissances comme des faits indéniables. La recherche actuelle sur ce peuple et les hypothèses et théories peuvent sembler très solides, mais à bien y regarder, elles ne le sont qu’entre elles. De plus, ces dernières se basent sur la supposition que les scientifiques de l’Ère ancienne ne se trompaient pas. Les seules bases tangibles auxquelles nous avons encore accès sont celles posées par la linguistique historique, mais hélas celle-ci se repose également fortement sur ces incertitudes que nous avons. Cependant, les informations en notre possession nous pousse à affirmer que notre savoir a une forte probabilité d’être fiable ; en effet, les scientifiques chez les Anciens sont réputés fiables et efficaces, et les théories actuelles sont majoritairement cohérentes entre elles.

— K. Yerth

Le peuple Proto-Ñyqy était un peuple vivant dans l’actuel Rhésode, plus précisément dans la vallée du Mojhal. Son cœur économique se situait dans le delta du fleuve Mojhal, où la première forme de civilisation connue est apparue. Leur activité principale était l’agriculture, en particulier sur la culture d’un grain pouvant être selon les sources du blé ou du riz, voire les deux. Dans le cas où seul l’un des deux était utilisé, il nous serait impossible de trancher ; les deux graines auraient très bien pu être plantées dans la région, et on retrouve dans les langues descendantes du Proto-Ñyqy des termes issus de eco/ɛcɔ/ portant une signification ou l’autre, d’où la définition actuelle du terme « blé, riz, grain commestible ».

L’élevage était orienté principalement sur celui des vaches et des porcs. À nouveau, une incertitude plane cependant sur le terme qóñ/qɤm/ signifiant « vache ». Selon les recherches portant sur la faune théorique de l’époque, et au vu de la région tropicale soumise aux moussons, il est très probable qu’il s’agissait plutôt de buffles. Le terme qóñ aurait pris la signification de « vache » lors de la migration des peuples descendants vers le nord, domesticant alors plutôt les vaches que les buffles alors que d’autres peuples arrivaient dans l’ancienne zone occupée par le peuple Proto-Ñyqy. Cela pourrait expliquer pourquoi la reconstruction du terme pour buffle n’a pas été possible. Étrangement, aucune reconstruction d’un quelconque terme pour éléphant n’a pu être possible, alors que des fouilles ont prouvé que ces animaux vivaient dans la zone. Il est possible que le terme ait disparu du fait de son inutilité nouvelle dans les terres plus au nord.

Une importante activité d’échange fluviale s’était probablement déjà développée, ainsi qu’une activité de pêche dans la zone maritime de la vallée du Mojhal. En effet, un important vocabulaire lié au champs lexical de la navigation maritime et fluviale, de la pêche et des échanges commerciaux a put être reconstruit.

Suivant l’évolution des climats et le climat actuel de la région, il est également très probable qu’ils aient eu accès à l’une des forêts tropicales se situant dans cette zone, leur donnant un accès abondant en bois de qualité, très utilisé pour la construction de leurs bâtiments et de leurs outils, ainsi qu’à une vaste variété de végétaux dont des fruits et légumes qui leur aurait été possible alors de cultiver.

Le mode de vie était ainsi donc principalement sédentaire, et il semblerait que les familles vivaient ensemble sous le même toit, dans des maisons communes súmusq/suʀʊsq/ ; cela inclus tous les membres de la famille descendant de l’ancêtre commun le plus âgé, ainsi que leurs époux ou épouses respectifs. Ces maisons étaient principalement faites de paille et argile séchée pour ce qui est des murs tandis que le toit était possiblement un mélange de paille et de grandes feuilles séchées pour les maisons humbles, tandis que les maisons plus riches avaient probablement des tuiles d’argile. L’entrée n’était sans doute fermée que par un voile de tissu ; en effet, on retrouve dans beaucoup de langues descendantes du Proto-Ñyqy les termes pour « porte » et « tissu » descendants du terme séwe/søwɛ/.

Concernant le mariage, il semblerait qu’il n’y avait pas de tendance particulière quant à qui rejoignait la famille de qui parmi les familles représentant le bas peuple, composées principalement de paysans, d’artisans et de petits marchands. En revanche, il semble qu’il était bien plus fréquent pour les hommes de rejoindre la famille de leur femme une fois mariés si cette dernière était considérée comme riche ou importante, par exemple si il s’agit d’une famille de riches marchands ou une famille détenant un pouvoir militaire. On suppose également que le mariage était à l’époque uniquement monogame.

Dans chaque agglomération se trouvait au moins un temple où le peuple Proto-Ñyqy pratiquaient leur religion polythéiste. Il est cependant impossible de savoir s’il s’agissait de croyances liées à la religion qui dominait l’Ère ancienne. Les points communs de ces pratiques sont la vénération de plusieurs dizaines de dieux. De plus, la vénération des étoiles et du feu, ainsi que les dieux qui y sont liés semblent prendre une place beaucoup prédominante dans la vie quotidienne du peuple Proto-Ñyqy. Les lunes majeures Nuya et Norya sont également toutes deux importantes dans leur culture, régissant très probablement leur calendrier. Mais étrangement, comme pour toutes les langues de l’Ère Ancienne, il nous est impossible de retracer l’origine du nom de la lune mineure Lettri, tandis que Norya semble avoir été considérée comme mineure.

1.4 Démographie

Selon toute vraisemblance, le Proto-Ñyqy était parlé dans la vallée du Mojhal, dans l’actuel Rhésode. Bien qu’il soit quasiment impossible de déterminer la superficie maximale couvrant cette région, il est considéré prudent d’affirmer que la langue était au moins parlée depuis le delta du Mojhal, cœur économique de la région, jusqu’à son confluent avec le Lor ainsi que dans toute zone se situant à moins de sept lieues de ce tronçon du Mojhal. Cela représente une surface vaste, très certainement indicateur d’une unité politique tout du moins de la région, comme par exemple un royaume ou un empire. Cependant, l’hypothèses d’une continuité de petits royaumes ou États-cités dont la lingua franca était le Proto-Ñyqy reste une possibilité. Dans ce cas, cela indiquerait que le peuple Proto-Ñyqy était le peuple dominant économiquement ou politiquement dans la région. Les autres peuples théoriques vivant dans la zone d’influence du Proto-Ñyqy parlaient sans doute leur propre langue, mais ces dernières n’ont pas eu autant d’impact si ce n’est aucun d’un point de vue de l’histoire de la linguistique (possiblement au mieux des mots d’emprunts du Proto-Ñyqy, mais nous n’avons aucun moyen de le prouver), ce qui renforce l’idée que ces langues locales étaient marginalisées au profit du Proto-Ñyqy.

Bien qu’il nous soit impossible de connaître le type de relations qu’entretenaient le peuple Proto-Ñyqy avec ses voisins, il est tout à fait probable qu’ils aient été en guerre tout comme ils été amicaux avec certains de leurs voisins: en effet, des termes liés à la guerre, mais également aux échanges culturels, mercantiles et amicaux ont pu être reconstruits.

1.5 Corpus, reconstruction de la langue

2 Aperçu structurel

2.1 Esquisse typologique du Proto-Ñyqy

Le Proto-Ñyqy est une langue qui apparaît comme étant fortement analytique et isolationniste, reposant quasi exclusivement sur sa syntaxe afin d’exprimer sa grammaire et très peu sur des règles morphologiques. La large majorité des mots sont monosyllabiques ou bisyllabiques, et les phrases s’articulent souvent autour de morphèmes liés monosyllabiques que l’on peut interpréter comme étant des particules grammaticales. Voici un exemple de phrase en Proto-Ñyqy avec sa traduction et son détail grammatical :

  1. ñe pom qy/ɴɛ pɔʀ ħy/

    maison GEN 1sg

    C’est ma maison

  2. bú qi pim mo coq/bu qɪ pɪʀ mɔ cɔħ/

    2sg deux pomme PST manger

    Nous avons mangé une pomme

  3. ñy qun gó/ɴy ħʊj ʢɤ/

    1sg OPT boire

    Je souhaite boire

  4. bó mygú cé pim i coq op zé qy zúmu op/bɤ ʀyʢu cø pɪʀ ɪ ɬɔq ɔp ɣø ħy ɣumʊ ɔχ/

    art.def singe POSS.1sg pomme art.indef manger-PST 3sg 1sg voir-PST

    J’ai vu le singe qui a mangé une pomme à moi

Dans l’exemple n°1, nous pouvons remarquer l’absence d’un verbe « être », ce qui est un exemple des prédicats existentiels qui ne requièrent pas de verbe afin d’exprimer une possession. On peut également voir que l’élément définissant est situé après la particule génitive, tandis que l’élément défini se situe avant celle-ci. Il s’agit là d’un des nombreux exemples montrant que le Proto-Ñyqy est une langue dont la tête de ses diverses constructions grammaticales est finale et non initiale.

Le deuxième exemple nous montre la méthode utilisée en Proto-Ñyqy afin d’employer le duel : il s’agit d’affixer le nombre « deux » à l’élément que nous souhaitons infléchir. Ainsi, bú qi/bu qɪ/ peut être considéré comme le pronom personnel de la seconde personne du singulier infléchis afin de devenir le pronom personnel de la seconde personne du duel.

Le troisième exemple présente un exemple d’ordre basique des constituants d’une clause simple, où l’on peut voir une suite SV dans cette clause intransitive. On peut également remarquer la présence d’un morphème lié qun/qʊn/ dont le rôle est de marquer un mode pour le verbe, en l’occurrence l’optatif. Comme nous le verrons dans le chapitre 3.5, il s’agit de la méthode principale d’inflexion des verbes du Proto-Ñyqy.

Enfin, le quatrième exemple nous donne un aperçu de la syntaxe, avec un positionnement différent des articles définis et indéfinis par rapport au nom, ainsi qu’un exemple de référence dans une clause subordonnée à un élément extérieur qu’elle définit, ici le pronom de la troisième personne /zø/ se référant à mygú/myɢu/. On voit également que la clause principale a un ordre de ses constituants en OSV tandis que la subordonnée a un ordre de ses relatives en OVS.

2.2 Inventaire phonologique et translittération

La phonologie d’une langue est l’étude des sons qui la composent, ainsi que l’organisation et l’interaction de ces derniers entre eux. Cela a des conséquences importantes, comme la caractéristique esthétique sonore de la langue, ou bien les variations possible dans la prononciation de certains sons qui peuvent paraître naturelles pour les locuteurs natifs de la langue, mais pas nécessairement pour nous. Même si plus personne ne parle cette langue actuellement, il me semble important pour les étudiants de langues anciennes de pouvoir associer des sons aux divers mots et aux diverses phrases qu’ils rencontreront ; il s’agit d’une langue, après tout ! Dans ce chapitre, j’essaierai de présenter ce qui est connu de la phonologie du Proto-Ñyqy afin que l’on puisse se faire une idée de ce à quoi ressemblait cette langue lorsqu’elle était parlée il y a plusieurs millénaires.

2.2.1 Voyelles

Le Proto-Ñyqy est une langue disposant d’un total de huit voyelles individuelles ainsi que d’une neuvième voyelle, le schwa, apparaissant du fait de certaines contraintes phonétiques. Dans le tableau 1 vous trouverez la liste complète des voyelles de la langue, et dans le tableau 2 leur orthographe.

Tableau 1 : Voyelles du Proto-Ñyqy (IPA)
  antérieures centrales postérieures
fermées y   u
pré-fermées ɪ   ʊ
moyennes   (ə)  
mi-fermées ø   ɤ
mi-ouvertes ɛ   ɔ
Tableau 2 : Voyelles du Proto-Ñyqy (translittération)
  antérieures postérieures
fermées y ú
pré-fermées i u
mi-fermées é ó
mi-ouvertes e o

On peut voir avec l’arbre 1 l’organisation des voyelles dans le Proto-Ñyqy. On peut constater que le trait distinctif le plus important dans cette langue est si cette dernière est postérieure. À l’inverse, les voyelles n’ayant pour seule distinction que leur hauteur sont considérées comme étant proches les unes des autres.

Arbre des voyelles du Proto-Ñyqy

Figure 1 : Arbre des caractéristiques des voyelles du Proto-Ñyqy

Voici une description des voyelles du Proto-Ñyqy :

e
il s’agit de la voyelle antérieure mi-ouverte non-arrondie [ɛ] que l’on retrouve en Français dans « bête » [bɛt̪] par example.
é
il s’agit de la voyelle antérieure mi-fermée non-arrondie [e] que l’on retrouve en Français dans « été » [et̪e] par exemple.
i
Il s’agit de la voyelle antérieure pré-fermée non-arrondie [ɪ] que l’on retrouve en Anglais comme dans « bit » [bɪt].
o
Il s’agit de la voyelle postérieure mi-ouverte arrondie [ɔ] que l’on retrouve en Français dans « sort » [sɔːʁ].
ó
Il s’agit de la voyelle postérieure mi-fermée non-arrondie [ɤ] que l’on retrouve en Gaélique Écossais « doirbh » [d̪̊ɤrʲɤv] ou en Estonien « kõrv » [kɤrv].
u
Il s’agit de la voyelle postérieure pré-fermée arrondie [ʊ] que l’on retrouve en Anglais américain « hook » [hʊ̞k].
ú
Il s’agit de la voyelle postérieure fermée arrondie [u] que l’on retrouve en français avec « août » [ut̪].
y
Il s’agit de la voyelle antérieure fermée arrondie [y] que l’on retrouve en Français avec « dune » [d̪yn̪].

2.2.2 Consonnes

Le Proto-Ñyqy est une langue ayant une particularité intéressante : bien qu’elle dispose d’un total de seulement douze consonnes, elle dispose réellement approximativement du double dû à un effet de mutation des consonnes qui sera décrit plus bas. Vous pouvez retrouver l’inventaire total dans le tableau 3, les lettres résultant de mutations étant entre parenthèses. Vous trouverez également la translittération des consonnes non-mutées dans le tableau 4.

Tableau 3 : Consonnes du Proto-Ñyqy (IPA)
  bilablial alvéolaire labial-velaire palatal uvulaire pharygal
plosif p b       q ɢ  
nasal m n     ɴ  
tapé         (ʀ)  
fricatif   s z   (x) (ɣ) (χ) (ʁ) (ħ) (ʕ)
affriqué   c ɟ        
latérale affriqué   (ɬ) (ɮ)        
latérale spirant   (l)        
approximant       (j)    
spirant     w      
Tableau 4 : Consonnes du Proto-Ñyqy (translittération)
  bilablial alvéolaire labial-velaire uvulaire
plosif p b     q g
nasal m n   ñ
fricatif   s z    
affriqué   c j    
spirant     w  

Le Proto-Ñyqy dispose également d’une hiérarchie entre ses consonnes basée sur des caractéristiques distinctives entre elles, à l’instar de ses voyelles. Vous trouverez dans l’arbre 2 l’organisation de ces consonnes.

Arbre des consonnes du Proto-Ñyqy

Figure 2 : Arbre des caractéristiques des consonnes du Proto-Ñyqy

2.2.3 Tons et accentuation

Étant donné l’ancienneté de la langue, il est extrèmement difficile de s’avancer sur la tonalité de la langue et son accentuation. Il est cependant très probable qu’aucune accentuation tonale n’existait en Proto-Ñyqy ; cette caractéristique n’apparaîtra que bien plus tard dans les langues de la région du Leshö, il y a deux mille ans.

Concernant l’accentuation non tonale, on suppose que celle-ci était rarement utilisée du fait de la quantité de mots monosyllabiques. Cependant, on suppose que les mots bisyllabiques et plus aient eu une accentuation pénultime, c’est à dire sur l’avant-dernière syllabe des mots, se traduisant généralement par une accentuation sur la première syllabe pour les termes bisyllabiques et sur la seconde syllabe des termes trisyllabiques. Il s’agit à l’heure actuelle de la théorie la plus probable concernant le Proto-Ñyqy pouvant expliquer une accentuation théorique qui, en suivant d’autre théories, serait beaucoup plus chaotique. Il n’empêche que certaines accentuations théoriques ne suivent tout de même pas cette théorie de la syllabe pénultime, comme par exemple coqec/cɔħɛc/ (« Terre, monde, mortels ») dont l’accentuation portait très probablement sur la syllabe qec.

2.2.4 Translittération

Le Proto-Ñyqy était une langue exclusivement orale, sachant que les premiers systèmes d’écriture utilisés pour une langue de cette famille ne sont apparus que trois mille ans après la période d’existance théorique de cette langue. Ainsi, les linguistes préfèrent une transcription de la langue telle que celle utilisée dans cet ouvrage, représentant de façon quasi phonétique les paroles théoriques de cette époque. Il est toutefois à noter, comme cela sera expliqué plus bas (Harmonie des consonnes), qu’une même consonne à l’écrit peut représenter deux consonnes orales du fait d’un phénomène de mutation de ces consonnes. Afin de garder une orthographe cohérente, il a été choisi par consensus d’utiliser un unique graphème pour les deux prononciations possible d’une consonne. Ainsi, coqec peut être prononcé /tʃɔħɛtʃ/ ou bien /ɬɔqɛɬ/, mais reste dans tous les cas le même terme. Cela permet également au lecteur de plus facilement comprendre les textes et exemples en Proto-Ñyqy sans avoir à faire d’exercice mental trop important. Il est également beaucoup plus simple de retrouver la prononciation des mots Proto-Ñyqy depuis leur orthographe standard.

2.3 Phonotaxes

2.3.1 Structure syllabique

Une syllabe typique en Mattér se présente sous la forme (C)V(CC), avec au moins une consonne obligatoire soit dans l’attaque soit dans le coda, suivant les règles présentées ci-dessous. Ainsi, la syllabe la plus complexe possible en Proto-Ñyqy contient une consonne, puis une voyelle, puis deux nouvelles consonnes.

Comme cela a été mentionné ci-dessus, il est phonétiquement impossible en Proto-Ñyqy que deux consonnes de même qualité dorsale se suivent. Ainsi, s’il est théoriquement que deux consonnes soient adjacentes, la seconde consonne verra sa prononciation modifiée afin de rendre cette cohabitation possible. Cependant, il arrive qu’une fois mutées correctement, deux consonnes phonétiques soient adjacentes alors que les règles phonologiques du Proto-Ñyqy l’interdisent, ce qui résulte en un schwa ajouté entre lesdites consonnes. Ainsi, le terme cójm est prononcé /tʃɤɮəʀ/ si la première consonne n’est pas mutée, ou bien /ɬɤdʒm/ dans le second cas. Dans tous les cas, le terme ne change pas d’orthographe.

L’attaque peut être composée de n’importe quelle consonne ou bien être vide, ce dernier cas indiquant alors la présence d’une consonne dans le coda.

Le noyau de la syllabe peut être composé de n’importe quelle voyelle, exceptée une voyelle haute si la consonne précédente est une dorsale sonorante haute. Cela interdit donc les syllabes du type wy ou .

Les règles du coda sont également simples :

  • Les consonnes coronales ou hautes non sonorantes peuvent être suivies par des consonnes non coronales ou non hautes.
  • Les consonnes sonorantes, dorsales et hautes ne peuvent s’associer avec d’autres consonnes dans le coda.

Quelques règles se rajoutent aux règles précédentes pour les consonnes se trouvent entre deux syllabes différentes :

  • Les consonnes sonorantes et non-dorsales peuvent précéder toute autre consonne à la condition que ces premières fassent partie du coda de la première syllabe.
  • Si deux consonnes coronales non-dorsales se suivent, la seconde prendra le voisement de la première. Si après cela, la seconde consonne se retrouve identique à la première, alors la seconde devient silencieuse et la première devient géminée.
  • Dans les autres cas, si une règle du coda est applicable entre la dernière consonne de la première syllabe et la première consonne de la seconde syllabe, la prononciation est conservée.
  • Si les règles précédentes ne s’appliquent pas, il est supposé qu’un schwa est ajouté afin de pouvoir rendre la syllabe prononçable.

2.3.2 Harmonie des consonnes

Les consonnes du Proto-Ñyqy suivent une règle stricte, interdisant deux consonnes dorsales de se suivre, idem pour deux consonnes non dorsales, même séparées par une voyelle ou faisant partie de mots différents. Seule une pause dans l’élocution bloque ce processus. Ainsi, on a les règles formelles suivantes:

  • C[+dor] / C[+dor]_ > [-dor]
  • C[-dor] / C[-dor]_ > [+dor]

Cette règle permet de gérer la proximité de deux consonnes similaires en changeant la seconde consonne qui doit alors changer sa qualité afin de se soumettre à la règle. Sa qualité haute ou coronale se reflète également lors du changement de qualité dorsale de la consonne, la qualité haute ou coronale étant considérées comme équivalentes en Proto-Ñyqy. Vous pouvez voir la table 5 qui récapitule les mutation des consonnes du Proto-Ñyqy dû à cette règle. Ce tableau est issu de l’organisation de l’arbre des caractéristiques distinctes des consonnes du Proto-Ñyqy (figure 2) présenté plus haut, dans le chapitre Consonnes.

Tableau 5 : Table de mutation des consonnes du Proto-Ñyqy
[+dor] originale [-dor] mutée     [-dor] originale [+dor] mutée
q ħ     p χ
ɢ ʕ     b ʁ
ɴ m     m ʀ
ɬ     n j
ɮ     s x
w l     z ɣ

Ainsi, la phrase ñe pom qy/ɴɛ pɔʀ ħy/ ne se prononce pas */ɴɛ pɔm qy/, et la phrase qi bú pim mo coq/qɪ bu χɪm ʀɔ ɬɔq/ se ne prononce pas */qɪ bʊ pɪm mɔ tʃɔq/.

2.3.3 Allophonie

2.4 Classes de mots

2.4.1 Noms

Les noms en Proto-Ñyqy se réfèrent généralement à des entités définies, comme des objets, des personnes, des concepts ou événements. Contrairement à beaucoup d’autres langues, et du fait de la nature très analytique de la langue, les noms ne supportent aucune caractéristique morphosyntaxique ; ils peuvent cependant s’associer à d’autres éléments du fait de leur nature, notamment grâce à des particules grammaticales.

2.4.1.1 Noms comptables et noms indénombrables
2.4.1.2 Noms propres

2.4.2 Pronoms et clitiques anaphoriques

2.4.2.1 Pronoms personnels

Le Proto-Ñyqy ne dispose que de trois pronoms, un pour chacune des trois personnes :

  • Première personne : qy/qy/. Se réfère au locuteur.
  • Deuxième personne : /bu/. Se réfère à l’interlocuteur.
  • Troisième personne : /zø/. Se réfère aux personnes extérieures à la conversation.

Afin de distinguer les personnes par nombre, les locuteurs du Proto-Ñyqy usent de nombres cardinaux autour du pronom. Il est possible que chaque unité était utilisée, mais seuls l’utilisation des chiffres mi/mɪ/, qi/qɪ/ et /nø/ sont attestés, en plus de ñy/ɴy/. Mi/mɪ/ indique le singulier, tandis que qi/qɪ/ indique le duel, /nø/ le triel et ñy/ɴy/ le pluriel. Il est également possible que /nø/ ait indiqué un paucal pour trois à cinq éléments, et /nø/ le pluriel pour six objets ou plus. Il semblerait cependant que leur utilisation n’était pas fréquente et le nombre des personnes était souvent inféré lors de la locution et n’était utilisé qu’en cas d’ambiguïté.

Pour plus d’information sur les chiffres et nombres du Ñyqy, voir Numéraux.

2.4.2.2 Pronoms démonstratifs

Il existe en Proto-Ñyqy quatre niveaux de proximité se reflètant dans les pronoms démonstratifs, l’élément est :

bóc/bɤc/
proche du locuteur
pu/pʊ/
proche de l’interlocuteur
yq/yq/
éloigné mais visible des interlocuteurs
/ɟɤ/
éloigné et invisible des interlocuteurs

Dans les quatres phrases suivantes, le locuteur parle d’un chat mais utilise à chaque fois un démonstratif différent, donnant ainsi une indication sur la position de ce dernier quant à lui-même et par rapport à son interlocuteur.

  • cé oz bóc oz/cø ɔz ʁɤɬ ɔɣ/

    POSS.1sg chat dem.prox1 chat

    Ce chat (proche de moi) est mon chat

  • cé oz pu oz/cø ɔz χʊ ɔz/

    POSS.1sg chat dem.prox2 chat

    Ce chat (proche de toi) est mon chat

  • cé oz yq oz/cø ɔz yq ɔz/

    POSS.1sg chat dem.prox3 chat

    Ce chat (que l’on voit tous les deux) est mon chat

  • cé oz jó oz/cø ɔz ɟɤ ɔz/

    POSS.1sg chat dem.prox4 chat

    Ce chat (dont je te parle mais qui n’est pas là) est mon chat

2.4.2.3 Pronom possessifs

Il existe certains pronoms en Proto-Ñyqy qui intègrent un rôle génitif en plus de désigner la personne à laquelle ils correspondent, similairement aux pronoms possessifs que l’on a en Français tels que « mon », « ton », « son », etc… Voici la liste des pronoms du Ñyqy :

Tableau 6 : Pronoms possessifs du Proto-Ñyqy
personne possession inclusive possession exclusive
1 /cø/ cu/cʊ/
2 /ɟø/ ju/ɟʊ/
3 /bø/ bu/bʊ/

Comme on peut le voir, le Proto-Ñyqy distingue entre deux types de possessions : la possession inclusive et la possession exclusive. Le premier indique qu’un élément peut appartenir à la personne qui clame l’élément comme étant sien mais sans exclure le fait que cela puisse également appartenir à une ou plusieurs autres personnes, comme par exemple dans le cas d’un village ou d’une maison. Une possession exclusive, quant à elle, indique que la personne désignée comme propriétaire de l’élément en est le seul propriétaire, sans que l’élément ne soit partagé.

On peut constater que parmi les noms, certains sont de nature à être désignée avec une possession exclusive uniquement, tandis que d’autres ne peuvent être désigné par autre chose qu’une possession inclusive. Dans la première catégorie, on retrouve par exemple tout ce qui touche au corps, à l’esprit et aux émotions, tandis que dans la seconde catégorie on retrouve les maisons ou villages et lieux de vie communs. Il existe tout de même une troisième catégorie dans laquelle on retrouve les noms pouvant tout autant être d’appartenance exclusive à un individu ou d’appartenance inclusive, comme par exemple des outils.

  • móñ ón cé bónusq/mɤɴ ɤn cø bɤjʊsq/

    sud LOC POSS.1.inc village

    Mon/notre village est au sud

  • * móñ ón cu bónusq/mɤɴ ɤn cʊ bɤjʊsq/

    sud LOC POSS.1.excl village

    Mon village (qui n’appartient qu’à moi) est au sud

Ci-dessus, la seconde phrase est grammaticalement incorrecte, bónusq/bɤjʊsq/ est un mot ne pouvant pas recevoir de possessif exclusif car un village est considéré comme étant un bien commun et impossible de n’associer qu’à une seule personne.

  • zuj cé oz/zʊɟ ɬø ɔɣ/

    noir POSS.1.inc chat

    Mon/notre chat est noir

  • zuj cu oz/zʊɟ ɬʊ ɔɣ/

    noir POSS.1.exc chat

    Mon chat est noir

Ces deux phrases sont grammaticalement correctes, la première indique que le chat en question appartient aussi à quelqu’un d’autre que le locuteur ; ce peut être un chat de famille par exemple. Dans la seconde phrase, le locuteur indique qu’il est le seul maître du chat en question et que personne d’autre ne peut être considéré comme étant maître du chat.

  • cu beñ mójpi/cʊ bɛɴ mɤɟpɪ/

    POSS.1.excl dents faire.mal

    Mes dents me font mal

  • * cé beñ mójpi/cø bɛɴ mɤɟpɪ/

    POSS.1.inc dents faire.mal

    Mes/nos dents me/nous font mal.

Enfin, concernant les deux phrases précédentes, seule la première est correcte, les dents d’une personne ne peuvent appartenir qu’à cette même personne et ne peuvent être partagées. Il s’agit d’une possession inhérente du locuteur.

2.4.3 Verbes

2.4.3.1 Structure verbale
2.4.3.2 Dérivations verbales
2.4.3.3 Inflexions verbales

2.4.4 Modificateurs

2.4.4.1 Adjectifs descriptifs

Il est tout à fait possible de dire que d’un certain point de vue, les adjectifs n’existent pas dans la langue Ñyqy. En effet, les mots utilisés comme tels ont une morphologie en toutes parts identique à celle des noms. Cependant, la différence notable est comment ces noms sont utilisés, soit comme tête d’une phrase verbale, soit adposé à un autre nom, modifiant ce dernier de façon descriptive. Commme on le verra dans le chapitre Ordre des constituants dans les clauses nominales, ces noms descriptifs se placent autour du nom en tête, et certains comme les adjectifs de forme et de matériaux sont obligatoirement suivis par une particule grammaticale (voir Ordre des constituants dans les clauses nominales/Adjectifs).

Dans ce document, nous nous référerons à ces noms descriptifs en tant qu’adjectif, mais il est important de garder en tête que la seule différence entre un nom et un adjectif est la façon dont le mot et utilisé, et chaque adjectif a aussi un nom (l’inverse n’est cependant pas vrai). Il serait même plus correct de parler de nom adjectivaux pour distinguer les noms pouvant être utilisés en tant qu’adjectifs avec les noms qui ne peuvent pas l’être.

2.4.4.2 Quantifieurs non-numéraux
2.4.4.3 Numéraux

Les locuteurs du Proto-Ñyqy comptaient dans un mélange de base 6 pour les unités et de base 12 pour le reste. Ainsi, les unités seront notées de 0 à 6 dans le script latin, et de 1 à b pour les éléments plus élevés. La méthode de calcul pour passer du système numérique Proto-Ñyqy à la base dix et vice-versa suit le procédé suivant :

Chaque chiffre écrit avec notre alphabet a une position, la première position étant celle qui se situe le plus à droite et représentant les unités. Le premier chiffre venant à sa gauche, représentant les sixaines, est en deuxième position, et ainsi de suite. Ainsi, pour représenter le poids d’une unité selon son positionnement, nous avons ces deux lignes :

  • P1 = 1
  • Pn = 12n−2×6

Pour avoir un exemple un peu plus visuel, ce tableau donne un exemple de la position de quelques éléments, leur poids avant calcul et leur poids réel.

position n 5 4 3 2 1
calcul Pn=12n-2×6 123×6 122×6 12×6 1×6 1
poids 10368 864 72 6 1

Voici un tableau plus compréhensif, donnant la correspondance Proto-Ñyqy des nombres exposés. Notez qu’en dehors des unités, le zéro n’a qu’une utilisation d’illustration de l’abscence d’une value dans cette position. Comme attesté dans les premiers systèmes d’écriture évolués plus tard, les langues de la famille Ñyqy ont une notation non-positionnelle, contrairement à notre système d’écriture.

nombre nombre (représentation Proto-Ñyqy) Proto-Ñyqy
0 0 pe/pɛ/
1 1 mi/mɪ/
2 2 qi/qɪ/
3 3 /nø/
4 4 /ɢø/
5 5 co/cɔ/
6 1-0 miñy/mɪɴy/ ou ñy/ɴy/
7 1-1 ñymi/ɴymɪ/
8 1-2 ñyqi/ɴyħɪ/
9 1-3 ñyné/ɴynø/
10 1-4 ñygé/ɴyʢø/
11 1-5 ñyco/ɴyɬɔ/
12 2-0 qiñy/qɪmy/
18 3-0 néñy/nøɴy/
24 4-0 géñy/ɢømy/
30 5-0 coñy/cɔmy/
36 6-0 peñyñy/pɛɴymy/
42 7-0 miñyñy/mɪɴymy/
48 8-0 qiñyñy/qɪmyɴy/
54 9-0 néñyñy/nøɴymy/
60 a-0 géñyñy/ɢømyɴy/
66 b-0 coñyñy/cɔmyɴy/
72 1-0-0 mimó/mɪʀɤ/ ou /mɤ/
432 6-0-0 pemómó/pɛʀɤmɤ/
864 1-0-0-0 misi/mɪxɪ/ ou si/sɪ/
10368 1-0-0-0-0 gec/ɢɛɬ/
124416 1-0-0-0-0-0 cójm/cɤɮʀ/
1492992 1-0-0-0-0-0-0 ñuñ/ɴʊm/

Comme vous pouvez le voir, afin d’exprimer des bases plus élevées, l’ordre de grandeur est répété afin d’ajouter cinq au multiplicateur, permettant ainsi une base douze pour ce qui n’est pas des unités.

Voici un exemple ci-dessous de la notation de 14873 en Proto-Ñyqy:

gec/ɢɛɬ/ cosi/cɔsɪ/ qimó/qɪmɤ/ geñyñy/ɢɛmyɴy/ /nø/
123×6 5×122×6 2×121×6 (6+4)×120×6 3
10368 4320 144 60 3

Ainsi, 14875 se traduit par gec co si qi mó ge ñy ñy né/ɢɛɬ cɔ sɪ qɪ mɤ ɢɛ my ɴy nø/. Il est à noter toutefois que le terme se coupera en deux, laissant /nø/ seul, si le nombre s’applique à un nom. Voir Ordre des constituants dans les clauses nominales / Numéraux.

Concernant les nombres ordinaux, ils se créent simplement à partir des nombres ordinaux préfixés par le terme qujm/qʊɮʀ/, signifiant « position ». Si qujm/qʊɮʀ/ est directement suivi par un mon commençant par un <m>, alors qujm/qʊɮʀ/ perd le siens. Ainsi, « 148ème personne » se traduira par qujm qimó ñocm gé/qʊɮʀ ħɪʀɤ mɔcm ɢø/. Il est cependant à noter que les unités disposent de leurs propres terme.

Tableau 7 : Nombres ordinaux en Proto-Ñyqy
  nombre ordinal nombre ordinal terminatif
1er qoji/qɔɮɪ/ qomy/qɔmy/
2ème qóqi/qɤħɪ/ qóqy/qɤħy/
3ème qóné/qɤnø/ qóny/qɤny/
4ème qomgé/qɔmɢø/ qomgéy/qɔmɢøy/
5ème qopcé/qɔpcø/ qopcéy/qɔpcøy/

Contrairement au reste des nombres, les chiffres à l’exception de zéro disposent aussi de chiffres ordinaux terminatifs. Un chiffre ordinal terminatif indique que la série ne contient pas plus d’éléments que le nombre indiqué. Cependant, qomy/qɔmy/ a une signification légèrement différente du reste des nombres ordinaux terminatifs et signifie plutôt « seul », « individuel ».

  • ñocm qóqi qójmún/ɴɔɬʀ ħɤqɪ ħɤɟmuj/

    personne 2.ORD dormir-PROG

    La deuxième personne est en train de dormir.

  • ñocm qóqy qójmúm/ɴɔɬʀ ħɤqy ħɤɟmuʀ/

    personne 2.ORD.TERM dormir-PROG

    La seconde personne est en train de dormir

Tandis que la première phrase indique que la deuxième personne fait quelque chose, elle indique également qu’il y a plus que deux personnes dont il est question, alors que la seconde phrase indique que cette seconde personne est la dernière de la série des personnes dont il est question, et donc qu’il n’y a que deux personnes dont le locuteur parle. Il s’agit de la même différente en Français entre « deuxième » et « second ».

2.4.5 Adverbes

2.4.6 Adpositions

2.4.7 Particules grammaticales

2.5 Typologie de l’ordre des constituants

2.5.1 Ordre des constituants dans les clauses principales

Le Proto-Ñyqy est une langue particulière quant il s’agit de l’ordre de ses éléments principaux dans ses phrases et clauses principales. Tout d’abord, il est bon de noter que le Proto-Ñyqy est une langue qui est à 100% ergative. Ainsi, cette langue considère les expérienceurs de verbes intransitifs et les patients de verbes transitifs comme objets, tandis que les agents de verbes transitifs sont considérés comme sujets. En connaissant cela, on peut donc dire que l’ordre typique d’une clause principale Proto-Ñyqy est donc OSV.

Il s’agit d’un ordre de constituants qui est très rare dans les langues naturelles, ce qui explique pourquoi chacune des langues descendant du Proto-Ñyqy ne suivent pas cet ordre. La majorité a évolué en SOV, et une minorité des autres langues a quant à elle évolué en OVS. Il est également intéressant de marquer qu’au même moment, chacune a évolué de manière à ce que sa syntaxe soit définie par des règles suivant le couple Nominatif-Accusatif.

2.5.2 Ordre des constituants dans les clauses verbales

Le Proto-Ñyqy étant une langue dont l’ordre des constituants de ses clauses principales est Objet-Sujet-Verbe, il n’est pas surprenant de savoir que les auxiliaires de ses verbes sont suffixés à ces derniers. Ainsi, le verbe coqop/cɔħɔχ/ est constitué de la racine coq/cɔħ/, signifiant « manger », et de l’auxiliaire op/ɔp/ marquant le passé. Dans les clauses principales, les auxiliaires Proto-Ñyqy suivent ainsi l’ordre suivant :

Objet-Subjet-Verbe-Mode-Aspect-Temps-Négation-Question

2.5.3 Ordre des constituants dans les clauses nominales

Dans un groupe nominal, on retrouve en son centre le nom défini par plusieurs éléments pouvant le caractériser, tels que des adjectifs, des phrases relatives, des démonstratifs, des numéraux, des possessifs ou des éléments génitifs. En résumé, l’ordre des éléments est le suivant :

Gen-Adj-Dem-Num12-Poss-N-Num6-Adj-Rel

Afin de mieux visualiser l’arbre syntaxique des groupes nominaux en Proto-Ñyqy, on peut se référer à la figure 3. On peut constater que le Proto-Ñyqy est une langue qui est donc fortement ascendante (head-final), la majorité des constituants d’une clause nominale venant après le nom.

Arbre syntaxique des clauses nominales du Proto-Ñyqy

Figure 3 : Arbre syntaxique des clauses nominales du Proto-Ñyqy

2.5.3.1 Possessifs

Concernant les possessifs, ceux-ci se situent directement avant le nom afin de marquer la possession de l’élément par une personne ou une autre entité. Cela dépend du possessif employé. Par exemple « mon chat » se traduit par cé oz/cø ɔz/.

oz
POSS.1sg chat
2.5.3.2 Numéraux

Pour ce qui est des numéraux, la règle générale est que les unités suivent le nom, tandis que les sixaines le précèdent. Par exemple, « mes vingt chats » se traduit par néñy cé oz qi/nøɴy ɬø ɔɣ ħɪ/.

néñy oz qi
3×6 POSS.1sg chat 2

La position des unités impliquent donc que l’article indéfini i)/ɪ/, suit immédiatement le nom. Par exemple, « un chat » se traduit par oz i/ɔz ɪ/.

oz i
chat art.indef
2.5.3.3 Démonstratifs

Concernant le démonstratif, ceux-ci se situe précédant les sixaines en Proto-Ñyqy, et donc précédant le nom. Ainsi, si l’on souhaite traduire « ces vingt chats à moi » (le génitif relative est ici pour contrecarrer l’impossibilité en français d’utiliser un démostratif et un possessif en même temps), on a donc bóc néñy cé oz qi/bɤc nøɴy ɬø ɔɣ ħɪ/.

bóc néñy oz qi
DEM.prox 3×6 POSS.1sg chat 2

La position du démonstratif dans la clause nominale implique également une position identique pour un article défini en Proto-Ñyqy. Ainsi, si l’on souhaite traduire « les vingt chats à moi » (à nouveau, le génitif est utilisé ici dû aux limitations du Français), on obtient bó néñy cé oz qi/bɤ jømy cø ɔz qɪ/.

néñy oz qi
art.def 3×6 POSS.1sg chat 2
2.5.3.4 Adjectifs

Concernant les adjectifs, ceux-ci se divisent en plusieurs classes :

  • Adjectifs d’opinion
  • Adjectifs de taille
  • Adjectifs de quantité
  • Adjectifs d’âge
  • Adjectifs d’origine
  • Adjectifs d’objectif
  • Adjectifs de matériaux
  • Adjectifs de forme
  • Adjectifs de couleur

En Proto-Ñyqy, ils apparaissent dans l’ordre ci-dessus et sont classés par objectivité, et tous viennent après le nom à l’exception des adjectifs d’opinion. Ainsi, les adjectifs les plus subjectifs arrivent en premier, et les adjectifs les plus objectifs arrivent en dernier. Seuls les adjectifs d’opinion se placent avant le nom, les autres arriveront toujours après.

Il est à noter que :

  • les adjectifs de forme et de matériaux ne peuvent se faire que via l’utilisation d’un génitif de type « NOM GEN » (par exemple « carré GEN table » pour dire « table carrée »)
  • les adjectifs d’origine ne se forment qu’avec une particule locative
  • les adjectifs d’objectif ne se forment qu’avec une particule instrumentative.

Ainsi, si l’on souhaite traduire « un gros vieux chat noir et beau », on obtient syg oz goñ noc zuj/syɢ ɔz ɢɔm jɔɬ ɣʊɮ/.

syg oz i goñ noc zuj
beau chat art.indef gros vieux noir
2.5.3.5 Génitif

Ensuite vient le génitif qui se situe avant les adjectifs d’opinion. On y trouvera donc exclusivement la particule grammaticale pom/pɔʀ/ qui sert à marquer le génitif, précédée par une clause nominale qui définira la clause nominale actuelle. Par exemple, « le chat de mon voisin » peut se traduire par cé wóseq pom bó oz/cø lɤxɛħ χɔm ʁɤ ɔz/.

wóseq pom oz
POSS.1sg voisin GEN art.def chat
2.5.3.6 Clauses relatives

Enfin, les clauses relatives arrivent à la fin des clauses nominales. Ainsi, si l’on souhaite dire « mon chat qui mange est beau », on obtient la traduction cé oz coq syg/cø ɔz cɔħ xyʢ/.

oz coq syg
POSS.1sg chat manger beau

2.5.4 Phrases adpositionelles

2.5.5 Comparatifs

2.5.6 Questions

2.5.7 Résumé

2.6 Structure d’un groupe nominal

2.6.1 Mots composés

2.6.2 Dénominalisation

La dénominalisation en Proto-Ñyqy se produit grâce au mot /sɤ/ signifiant « façon de faire ». En se suffixant à un nom, on obtient un verbe dont la signification est généralement en relation avec le nom d’origine. Par exemple, en associant le terme qéy/qøy/ à ce mot /sɤ/, on obtient le verbe qéysó/qøysɤ/ signifiant « chauffer, réchauffer, cuire ».

2.6.3 Nombres

2.6.4 Cas grammatical

2.6.5 Articles, déterminants et démonstratifs

2.6.6 Possesseurs

2.6.7 Classes (incluant le genre)

2.6.8 Diminution/Augmentation

2.7 Prédicats nominaux et constructions liées

2.7.1 Prédicats nominaux

2.7.2 Prédicats adjectivaux

2.7.3 Prédicats locatifs

2.7.4 Prédicats existentiels

2.7.5 Clauses possessives

2.8 Structure d’un groupe verbal

2.9 Clauses intransitives

2.10 Clauses transitives

2.11 Clauses ditransitives

2.12 Clauses de type dépendant

2.12.1 Non-fini

2.12.2 Semi-fini

2.12.3 Fini

3 Système fonctionnel

3.1 Relations grammaticales

Il existe de façon universelle deux types de verbes : les verbes intransitifs, et les verbes transitifs. Ces premiers ne prennent qu’un seul argument obligatoire, un expérienceur –noté « S »–, alors que les verbes transitifs prennent deux arguments obligatoires : l’agent –noté A– effectuant souvent l’action, et le patient –noté P– étant souvent l’objet affecté par l’action. Par exemple :

  • Je dors.

    Verbe intransitif, « je » est expérienceur S.

  • Je mange une pomme.

    Verbe transitif, « je » est agent A, et « pomme » est patient P.

Dans la majorité des langues du monde, et dans la quasi totalité des langues européennes (le Basque étant la seule exception), l’expérienceur et l’agent sont traités quasiment tout le temps à l’identique, formant le cas grammatical (souvent non marqué) s’opposant au cas accusatif marquant le patient, traité différemment.

À la différence des langues européennes, le Proto-Ñyqy est une langue dite « ergative » ; cela signifie que ses différents groupes nominaux ont une relation grammaticale envers leurs verbes basée sur l’association des expérienceurs et des patients, avec l’agent traité différemment. Ce premier regroupement S et P est alors appelé « cas absolutif » alors que le second est le « cas ergatif ».

Ainsi, comme nous le verrons dans le chapitre sur la syntaxe, l’élément absolutif restera en permanence en contact direct avec le verbe, tandis que l’élément ergatif les précédera, et pourra même être séparé du couple absolutif-verbe par des éléments datifs. Exemple :

  • ñy-0 qój/ɴy ħɤɟ/

    1sg-ABS dormir

    Je dors

  • ñy-0 pim-0 coq/ɴy pɪʀ ɬɔq/

    1sg-ERG pomme-ABS manger

    Je mange une pomme.

En revanche, le Proto-Ñyqy utilise un pivot nominatif entre ses différentes clauses. Cela signifie que l’élément persistant entre les phrases lorsqu’il subit une élision est l’élément correspondant au cas nominatif, soit l’argument S ou A du verbe. Exemple :

  • ñy-0 pim-0 coq. nócpi qój./ɴy pɪʀ ɬɔq nɤcpɪ qɤɮ /

    1sg-ERG pomme-ABS manger. ensuite dormir.

    Je mange une pomme, puis (je) dors.

3.2 Constructions liées à la voix et à la valence

3.2.1 Augmentation de valence

3.2.1.1 Causatif
3.2.1.2 Applicatif
3.2.1.3 Déplacement datif
3.2.1.4 Datif d’intérêt
3.2.1.5 Possession extérieure

3.2.2 Diminution de valence

3.2.2.1 Réflexifs et réciproques
3.2.2.2 Passifs
3.2.2.3 Inverses
3.2.2.4 Constructions moyennes
3.2.2.5 Antipassifs
3.2.2.6 Démotion d’objet ou omission
3.2.2.7 Incorporation d’objet

3.3 Nominalisation

3.3.1 Nominalisation d’action

Le processus de nominalisation des verbes repose principalement, à l’instar de la grammaire Proto-Ñyqy dans sa globalité, sur une association desdits verbes avec un mot ayant ici un rôle de particule grammaticale. Ainsi, un verbe associé à /sɤ/ (signifiant « manière de faire ») en position affixe permet d’obtenir d’un verbe un nom utilisable comme tel. Par exemple, le verbe meqm/mɛqm/ (« parler ») s’associe en meqm só/mɛqm xɤ/ signifiant « l’acte de parler, prise de parole, annonce ».

3.3.2 Nominalisation de participants

3.3.2.1 Nominalisation d’agent
3.3.2.2 Nominalisation de patient
3.3.2.3 Nominalisation d’instrument
3.3.2.4 Nominalisation de lieux
3.3.2.5 Nominalisation de produit
3.3.2.6 Nominalisation de façon de faire

3.4 Composition (y compris l’incorporation)

3.5 Temps, aspect, mode

Le Proto-Ñyqy est une langue disposant de relativement peu de modes, aspects et temps. En effet, cette langue ne dispose que de trois modes (l’indicatif, le subjonctif et l’optatif), de deux aspects (le parfait et le progressif), et de deux temps (le passé et le non-passé).

3.5.1 Temps

Il n’existe que deux temps en Proto-Ñyqy : le passé et le non-passé. Un événement dans le temps est généralement considéré comme étant passé s’il s’est produit au moins un jour avant le temps d’élocution. Cependant, pour préciser si un événement s’est produit il y a moins d’un jour, les locuteurs useront d’indices temporels, comme par exemple « il y a deux heures » ou « tout à l’heure ».

À contrario, le non-passé inclus ce que à quoi on se réfère généralement comme étant le passé proche (il y a donc moins d’un jour), le présent et le futur. Ainsi, si un événement est à venir ou est en train de se produire, on s’y référera au non-passé. Par exemple, la phrase pim i bó mygú coq/pɪʀ ɪ bɤ ʀyʢu cɔħ/ peut tout aussi bien signifier « le singe mange une pomme » que « le singe vient de manger une pomme » ou « le singe mangera une pomme ». Pour donner plus de précision temporelle, des indices pourront être donnés par le locuteur.

3.5.2 Aspects

Le Proto-Ñyqy ne dispose que de deux aspects : le parfait et le progressif.

Le progressif permet de marquer un événement comme étant un événement s’étalant sur le temps, remplissant ainsi également la fonction d’aspect imparfait.

3.5.3 Modes

Le mode dans le Proto-Ñyqy est marqué séparément du temps et de l’aspect de par ses auxiliaires dédiés oqé/ɔqø/ et ug/ʊɢ/.

Le premier est un mode optatif, permettant d’exprimer un souhait, un désir de la part de locuteur. Il est en revanche impossible pour les locuteurs du Proto-Ñyqy d’exprimer le souhait d’une autre persone via l’optatif, et une structure syntaxique devra être utilisée afin de pouvoir exprimer cette idée. L’optatif est ainsi considéré comme étant un moyen d’exprimer quelque chose qui est personnel au locuteur. Il est également impossible d’exprimer un souhait passé avec l’optatif, ce dernier ne peut être utilisé qu’avec des souhaits qui sont réels au moment de locution. Comme pour exprimer le souhait d’autruit, exprimer un souhait passé doit se faire via une structure syntaxique différente de l’utilisation de l’optatif.

L’auxiliaire ug/ʊɢ/ sert quant à lui à exprimer des événements, actions ou états irréels. Ainsi, il est principalement utilisé dans les clauses principales comme un marqueur d’évidentialité faible (ouï-dires) tandis que l’indicatif (marqué par l’absence d’auxiliaire modal) permet d’affirmer une vérité dont le locuteur est sûr. Le subjonctif permet également d’exprimer des situations hypothétiques, ou bien même des situations imaginées, y incluant les rêves. Les contes considérés comme imaginaires sont ainsi récités au subjonctif de façon quasi exclusive.

Enfin, comme dit ci-dessus l’indicatif permet d’exprimer des faits qui sont considérés comme étant véridiques par leur locuteur. Ainsi, pour décrire un événement réel dont on ne doute pas ou peu de sa véracité, on utilisera l’indicatif.

3.5.4 Lieux/direction

3.5.5 Référence participante

3.5.6 Évidentialité, validation et mirativité

3.5.7 Divers

3.6 Structures marquées pragmatiquement

3.6.1 La morphosyntaxe de l’attention, du contraste et du sujet

3.6.1.1 Variation d’ordre des constituants
3.6.1.2 Négation
3.6.1.3 Actes de parole non-déclaratifs
  1. Impératifs
  2. Questions absolues
  3. Questions relatives

3.6.2 Particules contrastives et emphatiques

3.6.3 Motifs d’intonation contrastifs et emphatiques

3.7 Combinaison de clauses

3.7.1 Verbes de série

3.7.2 Clauses complémentaires

3.7.3 Clauses adverbiales

3.7.4 Enchaînement de clauses, clauses médianes et changement de référence

3.7.5 Clauses relatives

3.7.6 Coordination

3.8 Utilisation de la langue

3.8.1 Continuité (cohésion) et discontinuité

3.8.1.1 Continuité de sujet (référentiel)
3.8.1.2 Continuité de thème
3.8.1.3 Continuité d’action
3.8.1.4 Proéminence épisodique
  1. Apogée, point culminant
  2. Intensification

3.8.2 Genres

3.8.2.1 Conversation
3.8.2.2 Narratif
  1. Expériences personnelles
  2. Historique
  3. Histoires folkloriques
  4. Mythologie
3.8.2.3 Pressant
3.8.2.4 Procédural
3.8.2.5 Informatif
3.8.2.6 Descriptif
3.8.2.7 Élocution rituelle

3.8.3 Typologie lexicale

3.8.3.1 Espace, directions et déplacements
3.8.3.2 Causation
3.8.3.3 Valence
3.8.3.4 Prépondérance des caractéristiques sémantiques

3.8.4 Divers et conclusions

3.8.4.1 Expressions idiomatiques et proverbes
3.8.4.2 Symbolisme sonore
3.8.4.3 Découvertes typologiques

4 Annexes

4.1 Textes avec traduction interlinéaire

5 Dictionnaire

5.1 B

beñ/bɛɴ/
  1. (n) dents
  2. (vt) mordre, croquer
  3. (vi) ruminer
beñgez/bɛɴʢɛɣ/
Voir beñ et gez
  1. (n) morsure
  2. (vi) mordre
  3. (vt) attaquer (animal)
/bø/
  1. (pron) son, sa, ses, pronom possessif inclusif de la troisième personne
bijéñ/bɪɟøm/
Voir bomij et wéñ
  1. (n) nuit, partie sombre du jour
bin/bɪj/
  1. (n) quelque chose de mauvais
  2. (n) méchanceté, malice, trait de caractère négatif
bo/bɔ/
  1. (adv) et. Associe deux phrases nominales entre elles.
/bɤ/
Voir bóc
  1. (art.def) le, la, les, article défini
bóc/bɤc/
  1. (pron.dem) ceci, ça, démonstratif de proximité avec le locuteur
bómij/bɤʀɪɮ/
  1. (n) Lune, mijoñ/mɪɟɔm/ ou misij/mɪxɪɮ/
bónusq/bɤjʊsq/
  1. (n) village
bópéñ/bɤχøm/
Voir bópo et wéñ
  1. (n) journée, partie ensoleillée du jour
bópo/bɤχɔ/
Voir et po
  1. (n) le Soleil
bu/bʊ/
  1. (pron) mon, ma, mes, pronom possessif exclusif de la troisième personne
/bu/
  1. (pron) deuxième personne

5.2 C

/cø/
  1. (pron) mon, ma, mes, possesseur inclusif de la première personne
co/cɔ/
  1. (nbr) cinq
coge/cɔʢɛ/
  1. (gp.SUBJ) marqueur pour verbes du subjonctif non-accomplis
cope/cɔpɛ/
  1. (gp.JUS) marqueur pour verbes du jussif, marquant un souhait de la part du locuteur.
coq/cɔħ/
  1. (vt) manger
  2. (vi) se nourrir
cosu/cɔsʊ/
  1. (n) entièreté
  2. (adv) tout, entièrement
cójm/cɤɮʀ/
  1. (nbr) marqueur de 1000006. Voir Numéraux.
cós/cɤs/
  1. (n) oreille
  2. (n) ouïe
cóq/cɤħ/
  1. (vt) couper
  2. (vt) trancher
  3. (vi) prendre parti
cu/cʊ/
  1. (pron) mon, ma, mes, pronom possessif exclusif de la première personne
cuwéñ/cʊløɴ/
Voir cosu et wéñ
  1. (adv) tout le temps
cúqé/cuħø/
  1. (n) fourmi
  2. (n) insecte ou tout être y ressemblant, comme des mille-pattes.

5.3 E

eco/ɛcɔ/
  1. (n) grain commmestible, riz, blé
es/ɛs/
  1. (n) sècheresse
  2. (n) quelque chose de sec, d’aride
ezp/ɛzχ/
  1. (n) ouvrage, travail
  2. (vi) travailler
  3. (vt) créer, ouvrager, construire

5.4 É

éc/øc/
  1. (gp) particule de négation
ég/øɢ/
  1. (vt) aimer, apprécier
éméz/ømøɣ/
  1. (n) mère
émpé/ømχø/
Voir éméz et épéq
  1. (n) maternité, paternité
émpécoj/ømχøɬɔɟ/
Voir émpé et coj
  1. (n) comportement parental, maternel, paternel
  2. (n) comportement protecteur
épéq/øpøq/
  1. (n) père, papa
éqcó/øqɬɤ/
  1. (vt) porter quelque chose (avec ses mains)

5.5 G

ge/ɢɛ/
  1. (gp.PST) marqueur du passé
gec/ɢɛɬ/
  1. (nbr) marqueur de 100006. Voir Numéraux.
gez/ɢɛz/
  1. (n) aggression
  2. (vt) attaquer, agresser
  3. (vi) attaquer
/ɢø/
  1. (nbr) quatre
goñ/ɢɔm/
  1. (n) quelque chose de grand, gros, large
  2. (vi) grossir
  3. (vt) agrandir
/ɢɤ/
  1. (vt) boire
  2. (vi) s’hydrater
gúgús/ɢuʢux/
  1. (n) goût amer
  2. (n) peur (figuratif). Le peuple proto-Ñyqy évoquent le sentiment de peur comme un goût amer qui vient en bouche.

5.6 I

i/ɪ/
Voir mi
  1. (art indef) un, une, des, article defini
icm/ɪcm/
  1. (n) bras
  2. (n) branche (arbre)
ij/ɪɟ/
  1. (n) chemin, route, voie
  2. (vi) voyager
  3. (vt) aller quelque part. Prend un second argument datif et non absolutif.
im/ɪm/
  1. (gp) Marqueur du datif
is/ɪs/
  1. particule du causatif

5.7 J

/ɟø/
  1. (pron) ton, ta, tes, pronom possessif inclusif de la deuxième personne
jéq/ɟøħ/
  1. (vt) pousser
  2. (vi) se faire pousser
/ɟɤ/
  1. (pron.dem) pronom démonstratif d’éloignement des interlocuteurs, l’élément n’est pas visible.
jójpyg/ɟɤɮχyʢ/
  1. (n) plume
josgé/ɟɔsɢø/
  1. (n) os
  2. (n) amulette
ju/ɟʊ/
  1. (pron) ton, ta, tes, pronom possessif exclusif de la deuxième personne
juc/ɟʊɬ/
  1. (n) bonté, bienfaisance
  2. (n) quelque chose de moralement bon, bienfaisant
jucú/ɟʊɬu/
  1. (n) peau
  2. (n) écorce
juzib/ɟʊzɪʁ/
  1. (n) chair, viande comestible
jy/ɟy/
  1. (n) fin, dernier

5.8 M

meb/mɛʁ/
  1. (n) terre (matière)
meém/mɛøʀ/
  1. (n) grand-mère (affectueux)
meq/mɛq/
  1. (n) parole, mot
meqm/mɛqm/
  1. (vi) parler, expliquer, échanger oralement
  2. (vt) enseigner
meqmsó/mɛqmxɤ/
  1. (n) prise de parole, acte de parole, discours, oratoire
mesyq/mɛxyħ/
Voir meqm et syjéq
  1. (n) chuchotement, parole basse
  2. (vi) chuchoter, litt. souffler une parole
még/møɢ/
  1. (adv) beaucoup, très
mi/mɪ/
  1. (nbr) un
mij/mɪɟ/
  1. (n) cendres
  2. (n) fumée
  3. (n) cendré (couleur)
mijoñ/mɪɟɔm/
Voir goñ et mij
  1. (n) Lune majeur, grande lune, litt. « grande cendrée »
misij/mɪxɪɮ/
Voir si et mij
  1. (n) Lune mineure, petite lune, litt. « petite cendrée »
miqiné/mɪqɪnø/
Voir mi, qi,
  1. (vi) faire les comptes
  2. (vt) compter
/mɤ/
  1. (nbr) marqueur de 1006. Voir Numéraux.
mójpi/mɤɟpɪ/
  1. (n) douleur
  2. (vi) faire mal, provoquer de la douleur
  3. (vt) blesser quelqu’un, quelque chose
móñ/mɤɴ/
  1. (n) sud
músq/muxħ/
  1. (n) maison (bâtiment), habitation
muz/mʊɣ/
  1. (n) rouge, pourpre
  2. (n) fruit rouge
mygú/myɢu/
  1. (n) singe

5.9 N

ne/nɛ/
  1. (nbr) zéro, rien
  2. (adv) non, pas, négation
nejqó/nɛɟħɤ/
  1. (n) lendemain
neqm/nɛqm/
Voir ne et meqm
  1. (n) bébé, enfant en bas âge, ne sachant pas encore parler
nezp/nɛɣp/
Voir ne et ezp
  1. (n) enfant n’étant pas encore en âge de travailler (jusqu’à environ 10 ans)
/nø/
  1. (nbr) trois
noc/nɔc/
  1. (n) vieillesse, grand âge
  2. (n) quelque chose de vieux, d’ancien, de grand âge
/nɤ/
  1. (n) poitrine, seins (attribut féminin)
  2. (n) maternité
  3. (n) fertilité
nócpi/nɤcpɪ/
  1. ensuite, puis, à côté, depuis
núc/nuc/
  1. (n) jeunesse
  2. (n) jeune personne, adolescent

5.10 Ñ

ñe/ɴɛ/
  1. (n) maison
ñocm/ɴɔɬʀ/
  1. (n) personne, humain, quelqu’un
ñozmicq/ɴɔzʀɪɬq/
  1. (vi) acquiescer
  2. (vt) accepter. La chose acceptée est passée au verbe comme argument ergatif, tandis que l’argument acceptant est passé en tant qu’argument datif. Forme d’anti-passif.
ñójb/ɴɤɮʁ/
  1. (n) oiseau
ñucm/ɴʊɬʀ/
  1. (n) chute
  2. (vi) tomber, chuter
ñuné/ɴʊnø/
Voir aussi wéz
  1. (n) dieu terrestre, divinité, être supérieur
ñuñ/ɴʊm/
  1. (nbr) marqueur de 10000006. Voir Numéraux.
ñy/ɴy/
  1. (pron) première personne
  2. (nbr) six, marqueur des sixaines. Voir Numéraux.
  3. (n) quelque chose d’important en nombre

5.11 O

/ɔɴ/
  1. (n) nez
oz/ɔz/
  1. (n) chat

5.12 Ó

ócqi/ɤcħɪ/
  1. (vt) porter. Voir aussi éqcó
ón/ɤn/
  1. (gp) marqueur du locatif

5.13 P

péj/pøɟ/
  1. (n) poisson d’eau douce
pi/pɪ/
  1. (n) chien
pim/pɪʀ/
  1. (n) pomme
po/pɔ/
  1. (n) or (matière)
  2. (n) couleur dorée, aspect doré
pom/pɔʀ/
  1. (gp) particule génitive
pomij/pɔʀɪɮ/
Voir po et mij
  1. (n) jour, journée, un jour et une nuit (durée de temps, litt. d’or et d’argent)
púmój/puʀɤɮ/
  1. (n) poisson d’eau de mer
póweq/pɤwɛħ/
  1. (n) griffe
  2. (n) pendentif, bijou
pu/pʊ/
  1. (pron.dem) pronom démonstratif de proximité avec l’interlocuteur

5.14 Q

qe/qɛ/
  1. (n) œil
  2. (vt) voir, regarder
qecge/qɛɬɢɛ/
  1. (vi) partir, quitter
qéy/qøy/
  1. (n) chaleur
qéysó/qøysɤ/
Voir qey et
  1. (vt) chauffer, réchauffer, cuire
qi/qɪ/
  1. (nbr) deux
qomy/qɔmy/
  1. (n) solitude, seul
  2. (n) individualité, individuel
qój/qɤɮ/
  1. (vi) dormir
qósé/qɤsø/
  1. (n) heure, section de journée. Dans la culture du peuple proto-Ñyqy, la journée était divisée entre le jour et la nuit, chacun étant divisé en cinq heures. Dû à leur position proche de l’équateur, on peut en déduire qu’une heure dans leur culture équivaut à 2h24min environ.
qóñ/qɤm/
  1. (n) vache, buffle, bétail
qujm/qʊɮʀ/
  1. (n) position
  2. (n) numéro (ordinal)
qun/qʊn/
  1. (gp.OPT) particule grammaticale marquant l’optatif
qúzb/quzʁ/
  1. (n) tête
  2. (n) intelligence
qy/qy/
  1. (nbr) six, première sixaine. Voir Numéraux.

5.15 S

si/sɪ/
  1. (nbr) marqueur de 10006. Voir Numéraux.
séc/søc/
Voir sy et éc
  1. (n) mort
sége/søɢɛ/
  1. (n) goût agréable
  2. (n) quelque chose de délicieux
séwe/søwɛ/
  1. (n) porte, voile de tissu utilisé à l’entrée des maisons
  2. (n) tissu
si/sɪ/
  1. (n) quelque chose de petit, de petite taille
sisp/sɪxp/
  1. (n) quelque chose de bon, correct, bien (sans jugement moral)
so/sɔ/
  1. (n) feu
  2. (n) quelque chose de brûlant
  3. (n) quelque chose de brillant, émanant de la chaleur
sosó/sɔxɤ/
Voir so
  1. (vi) brûler
  2. (vi) illuminer, allumer, briller (chaud)
/sɤ/
  1. (gp) façon de faire, manière de faire, d’agir. Graphème lié, voir Dénominalisation.
sóñ/sɤɴ/
  1. (n) nuage
  2. (n) ciel couvert
sun/sʊj/
  1. (n) graine (général). Voir aussi eco
/su/
  1. (n) ventre, estomac
súmusq/suʀʊsq/
Voir et musq
  1. (n) maison communale, maison (lieu). Le ventre de la maison, son intérieur.
sy/sy/
  1. (n) air, vent
  2. (n) vie
  3. (n) souffle
syoñ/syɔɴ/
Voir et sy
  1. (n) odeur, litt. « air du nez »
syjéq/syɟøħ/
Voir sy et jéq
  1. (vt) souffler (vent, respiration), expirer, litt. « pousser de l’air ».
syjéqsó/syɟøħxɤ/
Voir sujéq et
  1. (n) souffle
  2. (n) vent
  3. (n) brise, vent frais
syg/syɢ/
  1. (n) beauté
sysó/syxɤ/
  1. (vi) vivre, respirer
sywéqun/sywøħʊj/
Voir sywéz et qun
  1. (n) Chaman. Aspirant aux esprits, aux âmes, aux dieux.
sywéz/sywøz/
Voir sy et wéz
  1. (n) souffle divin, âme, esprit
sywézéc/sywøzøc/
Voir sywéz et éc
  1. (n) tristesse
  2. (n) sans âme, personne vide

5.16 U

um/ʊm/
  1. (adv) et, puis. Associe deux propositions entre elles.
/ʊɴ/
  1. (n) pied
  2. (n) racine
  3. (vi) marcher, avancer
  4. (vt) faire progresser
usg/ʊsɢ/
  1. (n) dos
usj/ʊsɟ/
  1. (n) trou
  2. (vi) creuser le sol
  3. (vt) graver

5.17 Ú

újq/uɟħ/
  1. (n) puissance, force mentale, majestuosité
ús/us/
  1. (n) œuf

5.18 W

wéñ/wøm/
  1. temps (concept)
  2. occurence régulière
wéz/wøz/
  1. (n) divinité suprême, dieu céleste, être supérieur, créateur. Voir aussi ñuné.
won/wɔn/
  1. (vt) voler, nager, se déplacer.

    Reçoit en absolutif l’élément dans lequel se déplace l’élément ergatif. Exemple : yc bó péj won « Le poisson nage », litt. « le poisson se déplace dans l’eau douce ».

wóseq/wɤsɛq/
  1. (n) voisin
  2. (n) quelque chose de proche
/wɤ/
  1. (n) humain
  2. (n) quelque chose d’apparence ou de comportement humain
wócosu/wɤɬɔxʊ/
Voir et cosu
  1. (n) humanité, tous les humains
wóq/wɤħ/
  1. (n) homme
wóz/wɤz/
  1. (n) femme

5.19 Y

yc/yc/
  1. (n) eau douce
  2. (n) éther, souffle divin
  3. (n) vie
ycne/ycnɛ/
Voir ne et yc
  1. (n) mort
  2. (vi) mourrir
ycéjéz/ycøɮøɣ/
Voir yc, újq et wéz
  1. (n) magie, force divine. Littéralement « eau de la puissance divine »
ycij/ycɪɮ/
  1. (n) rivière, fleuve, ruisseau
  2. (n) veine, artère
ycoj/ycɔɮ/
  1. (n) liquide
  2. (n) quelque chose de liquide ou d’aqueux
  3. (n) quelque chose de bénéfacteur
ycmuz/ycmʊɣ/
Voir yc et muz
  1. (n) sang
ycuñ/ycʊm/
  1. (n) flot, courant (par ex. d’eau)
  2. (vi) couler (de l’eau)
yq/yq/
  1. (pron.dem) pronom démonstratif d’éloignement des interlocuteurs, mais l’élément reste visible.
ys/ys/
  1. (vi) venir
yzm/yzʀ/
  1. (n) main
  2. (n) feuille

5.20 Z

/zø/
  1. (pron) Pron.Pers.3sg, il, elle
zi/zɪ/
  1. (n) mouche
  2. (n) moustique
  3. (n) son agaçant, similaire au bruit d’un insecte (moustique, mouche)
zic/zɪc/
  1. (n) chair, viande non comestible
zoc/zɔc/
  1. (n) tête
  2. (n) chef, patriarche, matriarche
  3. (n) sommet d’une montagne
zocséwe/zɔcsøwɛ/
Voir zoc et séwe
  1. (n) voile ou châle porté autour de la tête. Litt. « tissu de tête »
/zɤ/
  1. (n) jeu
  2. (vt) jouer
zócu/zɤcʊ/
Voir sy et zój
  1. (n) animal
  2. 2. (n) être vivant non humain non fantastique
zój/zɤɟ/
  1. (n) chose, objet abstrait
zuj/zʊɟ/
  1. (n) nuit, noir, ombre
zúmu/zuʀʊ/
  1. (vi) voir. L’élément vu est passé au verbe comme un argument datif. Exemple :
    • bó oz im qy zúmuop/bɤ ɔɣ ɪm qy zuʀʊɔp/

      J’ai vu le chat.

Notes de bas de page:

Auteur: Lucien Cartier-Tilet

Email: lucien@phundrak.com

Created: 2020-07-02 jeu. 15:28