Une Grammaire du Ñyqy

Table des matières

Propos préliminaires

Avant-propos

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Ce document traite d’une langue imaginaire que j’ai créé. Cependant, il sera rédigé comme s’il s’agissait d’une tentative de description de la langue par un linguiste travaillant dessus. Ainsi, si dans certains passages vous pouvez lire « mais plus d’études sur le sujet sont nécessaires » ou « cet aspect de la langue n’a pas encore été sujet à des analyses plus approfondies », comprenez par cela que je n’ai pas encore travaillé sur ou fini cette partie qui peut être sujet à des mises à jours dans le futur. Seul le chapitre actuel et le chapitre suivant seront rédigés en dehors de ce style.

Introduction sur le Ñyqy en tant que langue construite

Depuis plusieurs siècle déjà, la création de langues est une discipline ayant intriguée les Hommes, certains créant des langues dans des buts religieux, philosophiques ou idéalistes, tandis que d’autres n’en crééent que dans un but artistique, que ce soit pour compléter une œuvre comme l’a fait JRR Tolkien avec ses diverses langues dont les langues elfiques pour compléter son univers présenté dans Le Seigneur des Anneaux, ou bien dans le but purement artistique de créer une langue pour la beauté du geste, pour l’œuvre que cette langue peut être en elle-même. Et parmi ces langues, deux groupes se distinguent : les langues a posteriori, qui sont des langues crées avec d’autres langues servant pour base, comme c’est le cas de l’Esperanto ou du Elefen, ou bien qui sont créées a priori, c’est à dire sans aucune base au préalable autre que des connaissances linguistiques suffisantes pour pouvoir créer une langue, comme pour le Klingon de l’univers de StarTrek.

Durant ces dernières décénies, aidés par l’avènement d’internet, les créateurs de langues, auquel on se réfère par « idéolinguistes », ou « conlangers » dans la langue de Shakespeare, ont pu se fédérer, échanger, et améliorer leur art tout en le propageant. Et à l’heure actuelle, inspirés par des pièces artistiques comme la série télévisée « Game of Thrones », de nombreux idéolinguistes aspirent à créer une langue qui leur est propre, et qui apparaisse comme étant une langue naturelle. Pour cela, plusieurs solutions sont possibles : la création immédiate de la langue cible, puis d’une incorporation de règles aléatoires afin de simuler une langue naturelle avec ses irrégularités qui lui sont propres, ou bien créer une langue prototype de laquelle de nouvelles langues seront créées.

Le Ñyqy/ɴyħy/ n’a pas aspiration à être une langue ayant un aspect naturel. Il n’a pas non plus aspiration à être une langue particulièrement complète ou riche, il n’a pas aspiration à être parlé par des êtres formidables d’une série télévisée. Le Ñyqy/ɴyħy/ n’a qu’une aspiration : être une de ces langues prototypes, ou proto-lang, créée a priori, et sur laquelle reposeront d’autres langues ayant évoluées des bases que posera cette langue source. Quelques règles seront insérées afin de donner un semblant d’irrégularité ou de naturalisme au Ñyqy, mais ces règles resteront simples, à l’instar de ses autres règles grammaticales.

Introduction sur le Ñyqy

Toute langue dans notre monde vient de quelque part. Toute langue descend d’une autre langue, qui fut parlée fut une époque, et qui ne l’est probablement plus. Peut-être y a t’il eu un jour la première langue parlée au monde, ou bien peut-être a-t-elle apparu si lentement qu’il nous serait impossible de distinguer le moment où une première langue apparu réellement. Peut-être n’aurons-nous jamais idée de ce à quoi ressembleront les premiers sons émis par nos ancêtres, comment ils communiquaient entre eux.

Cependant, grâce aux langues actuelles et les langues disparues mais dont nous avons toujours la trace grâce à d’anciens documents, la linguistique moderne peut faire des rapprochement entre ces différentes façons de s’exprimer. Nombre de mes prédécesseurs et collègues mirent déjà en évidence des relations entre différentes langues, l’une étant sœur de l’autre, mère de l’autre et ainsi de suite. Ainsi, progressivement, un arbre généalogique des langues du monde se construit au fur et à mesure des recherches et découvertes, retraçant petit à petit l’histoire de nos différentes langues, leur parentés ; et cela nous donne également des indications sur les origines des peuples qui parlaient ces langues, de leur itinéraire sur notre globe durant les jeunes années de notre espèce.

Nous avons aujourd’hui un point où il nous est possible d’oser imaginer ce à quoi pouvait ressembler les formes les plus anciennes de civilisation grâce à l’une des plus anciennes langues qui nous soit connues, le Ñyqy/ɴyħy/, langue mère de plus de la moitié des langues du monde, parlée il y a entre huit et onze mille ans dans l’un des berceaux de notre civilisation. Plusieurs illustres collègues ont déjà travaillé sur cette langue et sur sa reconstruction, et ont fait des progrès fabuleux sur cette langue légendaire. J’ai moi-même pu assister certains de ces collègues dans leurs recherche. Cependant, cette implication m’a amené à une réalisation cruciale : jusqu’à présent, quelqu’un intéressé par le Ñyqy ne pouvait facilement accéder à un condensé des résultats des recherches existantes, présents en un unique ouvrage se présentant comme une grammaire technique de la langue. Ainsi, j’ai entrepris de la rédiger dans cet ouvrage dans l’espoir que cela facilite la tâche de mes collègues et futurs collègues dans leurs études de cette merveille qu’est le résultat de cette collaboration linguistique internationale s’étant étalée sur plusieurs siècles, aidés par les écrits survivants de la précédente Ère. Je suis pleinement conscient que ce document risque d’un jour être obsolète, et ce jour-là, une nouvelle version deviendra nécessaire. Je prie simplement pour que mes efforts puissent être à la hauteur des efforts déployés par mes collègues afin de découvrir tout ce savoir. 4Hje2lpel.

Conventions typographiques

Dans ce document seront utilisé certaines conventions typographiques, dont des gloses grammaticales inter-lignes3, une étoile * précédant des éléments linguistiques considérés comme erronés, un point d’interrogation ? afin de marquer des éléments linguistiques questionnables, ou bien dans les gloses une utilisation du chiffre zéro 0 afin de marquer une absence d’un ou plusieurs éléments.

Liste d’abbréviations

Un certain nombre d’abréviations seront utilisées dans ce document en particulier lors de l’expression de relations grammaticales ou d’éléments grammaticaux. Il est donc important pour les personnes souhaitant étudier cette langue de savoir à quoi cela correspond. Voici une liste que je m’efforce à garder exhaustive des abréviations que vous pourrez rencontrer plus tard.

1
première personne
2
deuxième personne
3
troisième personne
ABS
absolutif
DAT
datif
ERG
ergatif
F
féminin
gp
particule grammaticale
IND
indicatif
IPA
Alphabet Phonétique International (International Phonetic Alphabet)
IRR
irréel
M
masculin
n
nom
nbr
nombre
NPST
non-passé
OBL
oblique
OPT
optatif
pron
pronom
PST
passé
SUBJ
subjonctif
vi
verbe intransitif
vt
verbe transitif

1 La culture, l’histoire, le contexte sociolinguistique du Ñyqy

1.1 Le peuple, son regard sur lui-même

Peu de choses sont connues sur le peuple, du fait de sa distance avec nous, et du fait du peu d’éléments dont nous disposons directement ou indirectement. Beaucoup de nos connaissances actuelles nous parviennent soit des écrits survivants de l’Ère précédente, soit de recherches archéologiques, soit de recherches linguistiques.

Le nom de la langue fut choisi par des linguistes de l’Ère ancienne, très probablement du fait de la signification du mot : « nous ». Il semblerait également que le terme ait été utilisé par le peuple Ñyqy/ɴyħy/ pour se désigner lui-même, mais nous disposons de trop peu de preuve afin de pouvoir affirmer cela avec certitude. Le terme s’analyse en deux morphèmes basiques, ñy/ɴy/ et qy/qy/. Le terme ñy/ɴy/ est le pronom personel du singulier, et qy/qy/ qui le suit a plusieurs utilisations, le chiffre 6 (le Ñyqy/ɴyħy/ est une langue dont le système numérique est un système hybride entre une base six et une base treize) ou bien la pluralité, ici infléchissant le ñy/ɴy/ afin de former la première personne du pluriel.

Il est à noter que le nom de cette langue est traditionellement écrite en un seul mot, cependant et comme nous le verrons plus tard, il s’agit d’une mauvaise habitude : chaque élément peut être analysé individuellement et peut donc être considéré comme mots séparés, d’où la néographie « Ñy Qy » que certains de mes collègues utilisent, tentant de corriger cette erreur maintenant multi-centenaire. Bien que je salue leur initiative je continuerai de nommer cette langue « Ñyqy » dans cet ouvrage afin de suivre la norme et afin de ne pas rendre confus certaines personnes n’ayant jamais rencontré cette néographie, et je présente mes excuses à ces collègues.

Parfois, d’autres personnes s’y référeront en tant que « proto-Ñyqy », ou « proto Ñy Qy », mais cette dénomination est plutôt rare étant donné l’abscence totale d’autres langues nommées « Ñyqy ». Elle n’est généralement utilisée que si le locuteur souhaite insister sur la nature de la langue comme langue mère de sa famille.

1.2 Recherches précédentes

Comme mentionné plus tôt, le Ñyqy est l’objet depuis fort longtemps de recherches linguistiques, tout d’abord par des linguistes hélas aujourd’hui anonymes ayant vécus lors de l’Ère précédente. Leurs connaissances étaient sans doute beaucoup plus vastes que ce que nous avons pu récupérer, probablement similaires à celles dont nous disposons aujourd’hui, mais comme tout le monde le sait, seul peu de témoignages de cette époque ont pu nous parvenir, et les restes de l’Université de Ðbńo relève du miracle archéologique.

Ces premières recherches, une fois traduites, ont servi de base aux deux derniers siècles de recherche en direction du Ñyqy, avec notamment les recherches du Pr Loqbrekh (3489) le siècle dernier qui a réalisé d’importants progrès sur l’étude de cette langue grâce à l’addition de l’analyse du Énanonn, ainsi que les études du Pr Khorlan (3598) qui, il y a cinq ans, a également énormément fait progresser les recherches grâce à ses travaux sur le Tãso. Je me reposerai principalement sur leurs recherches afin de rédiger cet ouvrage, ainsi que leurs références diverses.

1.3 Ethnologie

Ce qui suit est un résumé de ce que l’on sait sur le peuple Ñyqy. Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à l’ouvrage Le peuple Ñyqy de K. Yerth, 3404. Un avertissement est tout de même nécessaire :

Nous n’avons que très peu de preuves et témoignages directs sur le peuple Ñyqy autre que par les ouvrages des scientifiques de l’Ère ancienne, et actuellement par les recherches linguistiques faites par des chercheurs contemporains à cet ouvrage. Par conséquent, même si les anciens paraissaient très confiants dans leurs découvertes, il nous est impossible d’affirmer ce que l’on sait sur ce peuple comme étant un fait, mais simplement comme une forte probabilité que c’était en effet le cas. La recherche actuelle sur ce peuple et les hypothèses et théories peuvent sembler très solides, mais à bien y regarder, elles ne le sont qu’entre elles, en supposant que ce que les scientifiques de l’Ère ancienne ne se trompaient pas. Les seules bases tangibles auxquelles nous avons encore accès sont celles posées par la linguistique historique, mais hélas celle-ci se repose également fortement sur ces incertitudes que nous avons.

— K. Yerth

Le peuple Ñyqy était un peuple vivant dans l’actuel Rhésode, dans la vallée du Mojhal. Son cœur économique se situait selon toutes évidences dans le delta du fleuve Mojhal, où la première forme de civilisation connue est apparue. Leur activité principale était basée principalement sur l’agriculture, en particulier sur la culture d’un grain pouvant être selon les sources du blé ou du riz, voire les deux. Leur élevage était orienté principalement sur celui des vaches et des porcs. Une importante activité d’échange fluviale s’était probablement déjà développée, ainsi qu’une activité de pêche dans la zone maritime de la vallée du Mojhal.

Le mode de vie était ainsi donc principalement sédentaire, et il semblerait que les familles vivaient ensemble sous le même toit, dans des maisons communales súmusq/suʀʊsq/ ; cela inclus tous les membres de la famille descendant de l’ancêtre commun le plus âgé, ainsi que leurs époux ou épouses respectifs.

Sur ce dernier point, il semblerait qu’il n’y avait pas de tendance particulière quant à qui rejoignais la famille de qui parmi les familles représentant le bas peuple, composées principalement de paysans, d’artisants et de petits marchants. En revanche, il semblerait qu’il était beaucoup plus fréquent pour les hommes de rejoindre la famille de leur femme une fois mariés si la famille pouvait être considérée comme riche ou importante, par exemple si il s’agit d’une famille de riches marchands ou une famille détenant un pouvoir militaire.

Dans chaque agglomération se trouvait au moins un temple où le peuple Ñyqy pratiquaient leur religion polythéïste. Il est cependant impossible de savoir s’il s’agissait de croyances liées à la religion qui dominait l’Ère ancienne. Les seuls points communs sont la vénération de plusieurs dizaines de dieux au moins, ainsi que la vénération des étoiles et du feu.

1.4 Corpus, reconstruction de la langue

2 Aperçu structurel

2.1 Esquisse typologique du Ñyqy

Le Ñyqy est une langue qui apparaît comme étant fortement analytique, reposant principalement sur sa syntaxe afin d’exprimer sa grammaire et très peu sur des règles morphologiques. La large majorité des mots sont monosyllabiques ou bisyllabiques, et les phrases s’articulent souvent autour de morphèmes liés monosyllabiques que l’on peut interpréter comme étant des particules grammaticales. Voici un exemple de phrase en Ñyqy avec sa traduction et son détail grammatical :

  1. ñe pom ñy/ɴɛ pɔʀ my/

    maison GEN 1sg

    C’est ma maison

  2. bú qi pim mo coq/bu qɪ pɪʀ mɔ t͡ʃɔħ/

    2sg deux pomme PST manger

    Nous avons mangé une pomme

  3. ñy qun gó/ɴy ħʊj ʢo/

    1sg OPT boire

    Je souhaite boire

Dans l’exemple n°1, nous pouvons remarquer l’abscence d’un verbe « être », ce qui est un exemple des prédicats existentiels qui ne requièrent pas de verbe afin d’exprimer une possession. On peut également voir que l’élément définisant est situé après la particule génitive, tandis que l’élément défini se situe avant celle-ci. Il s’agit là d’un des nombreux exemples montrant que le Ñyqy est une langue dont la tête de ses diverses constructions grammaticales est finale et non initiale.

L’exemple n°2 nous montre la méthode utilisée en Ñyqy afin d’employer le duel : il s’agit d’affixer le nombre « deux » à l’élément que nous souhaitons infléchir. Ainsi, bú qi/bu qɪ/ peut être considéré comme le pronom personel de la seconde personne du singulier infléchis afin de devenir le pronom personel de la seconde personne du duel.

Le troisième exemple présente un exemple d’ordre basique des constituants d’une clause simple, où l’on peut voir une suite SV dans cette clause intransitive. On peut également remarquer la présence d’un morphème lié qun/qʊn/ dont le rôle est de marquer un mode pour le verbe, en l’occurrence l’optatif. Comme nous le verrons dans le chapitre 2.6.3, il s’agit de la méthode principale d’inflexion des verbes du Ñyqy.

2.2 Inventaire phonologique et translittération

La phonologie d’une langue est l’étude des sons qui la composent, ainsi que l’organisation et l’interaction de ces derniers entre eux. Cela a des conséquences importantes, comme la caractéristique esthétique sonore de la langue, ou bien les variations possible dans la prononciation de certains sons qui peuvent paraître naturelles pour les locuteurs natifs de la langue, mais pas nécessairement pour nous. Même si plus personne ne parle cette langue actuellement, il me semble important pour les étudiants de langues anciennes de pouvoir associer des sons aux divers mots et aux diverses phrases qu’ils rencontreront ; il s’agit d’une langue, après tout ! Dans ce chapitre, j’essaierai de présenter ce qui est connu de la phonologie du Ñyqy afin que l’on puisse se faire une idée de ce à quoi ressemblait cette langue lorsqu’elle était parlée il y a plusieurs millénaires.

2.2.1 Voyelles

Le Ñyqy est une langue disposant d’un total de huit voyelles individuelles ainsi que d’une neuvième voyelle, le schwa, apparaissant du fait de certaines contraintes phonétiques. Dans le tableau 1 vous trouverez la liste complète des voyelles de la langue, et dans le tableau 2 leur orthographe.

Tableau 1 : Voyelles du Ñyqy (IPA)
  antérieures centrales postérieures
fermées y   u
pré-fermées ɪ   ʊ
moyennes   (ə)  
mi-fermées ø   ɤ
mi-ouvertes ɛ   ɔ
Tableau 2 : Voyelles du Ñyqy (translittération)
  antérieures postérieures
fermées y ú
pré-fermées i u
mi-fermées é ó
mi-ouvertes e o

On peut voir avec l’arbre 1 l’organisation des voyelles dans le Ñyqy. On peut constater que le trait distinctif le plus important dans cette langue est si cette dernière est postérieure. À l’inverse, les voyelles n’ayant pour seule distinction que leur hauteur sont considérées comme étant proches les unes des autres.

Arbre des voyelles du Ñyqy

Figure 1 : Arbre des caractéristiques des voyelles du Ñyqy

2.2.2 Consonnes

Tableau 3 : Consonnes du Ñyqy (IPA)
  bilablial alvéolaire labial-velaire palatal uvulaire pharygal
plosif p b       q ɢ  
nasal m n     ɴ  
tapé         (ʀ)  
fricatif   s z   (x) (ɣ) (χ) (ʁ) (ħ) (ʕ)
affriqué   t͡ʃ d͡ʒ        
latérale affriqué   (ɬ) (ɮ)        
latérale spirant   (l)        
approximant       (j)    
spirant     w      
Tableau 4 : Consonnes du Ñyqy (translittération)
  bilablial alvéolaire labial-velaire uvulaire
plosif p b     q g
nasal m n   ñ
fricatif   s z    
affriqué   c j    
spirant     w  

Arbre des consonnes du Ñyqy

Figure 2 : Arbre des caractéristiques des consonnes du Ñyqy

2.2.3 Tons et accentuation

2.2.4 Translittération

Le Ñyqy étant une langue orale, aucune transcription historique n’en existe. Ainsi, seule la translittération présentée ici fait office d’orthographe, suivant de près la prononciation. La transcription phonétique de la langue utilisant l’IPA4 est également possible, mais moins lisible je pense pour le lecteur, alors que la translittération lui laissera le choix de l’accent avec lequel il souhaite lire le Ñyqy.

2.3 Phonotaxes

2.3.1 Structure syllabique

Une syllabe typique en Mattér se présente sous la forme (C)V(CC), avec au moins une consonne obligatoire soit dans l’attaque soit dans le coda, suivant les règles présentées ci-dessous. Ainsi, la syllabe la plus complexe possible en Ñyqy contient une consonne, puis une voyelle, puis deux nouvelles consonnes.

Comme cela a été mentionné ci-dessus, il est phonétiquement impossible en Ñyqy que deux consonnes de même qualité dorsale se suivent. Ainsi, s’il est théoriquement que deux consonnes soient adjacentes, la seconde consonne verra sa prononciation modifiée afin de rendre cette cohabitation possible. Cependant, il arrive qu’une fois mutées correctement, deux consonnes phonétiques soient adjacentes alors que les règles phonologiques du Ñyqy l’interdisent, ce qui résulte en un schwa ajouté entre lesdites consonnes. Ainsi, le terme cójm est prononcé /t͡ʃɤɮəʀ/ si la première consonne n’est pas mutée, ou bien /ɬɤd͡ʒm/ dans le second cas. Dans tous les cas, le terme ne change pas d’orthographe.

L’attaque peut être composée de n’importe quelle consonne ou bien être vide, ce dernier cas indiquant alors la présence d’une consonne dans le coda.

Le noyau de la syllabe peut être composé de n’importe quelle voyelle, exceptée une voyelle haute si la consonne précédente est une dorsale sonorante haute. Cela interdit donc les syllabes du type wy ou .

Les règles du coda sont également simples :

  • Les consonnes coronales ou hautes non sonorantes peuvent être suivies par des consonnes non coronales ou non hautes.
  • Les consonnes sonorantes, dorsales et hautes ne peuvent s’associer avec d’autres consonnes dans le coda.

Quelques règles se rajoutent aux règles précédentes pour les consonnes se trouvent entre deux syllabes différentes :

  • Les consonnes sonorantes et non-dorsales peuvent précéder toute autre consonne à la condition que ces premières fassent partie du coda de la première syllabe.
  • Si deux consonnes coronales non-dorsales se suivent, la seconde prendra le voisement de la première. Si après cela, la seconde consonne se retrouve identique à la première, alors la seconde devient silencieuse et la première devient géminée.
  • Dans les autres cas, si une règle du coda est applicable entre la dernière consonne de la première syllabe et la première consonne de la seconde syllabe, la prononciation est conservée.
  • Si les règles précédentes ne s’appliquent pas, il est supposé qu’un schwa est ajouté afin de pouvoir rendre la syllabe prononçable.

2.3.2 Allophonie

Il existe relativement peu de règles allophoniques connues en Ñyqy, cependant quelques unes sont à peu près certaines :

  • C[+dor] / C[+dor]_ > [-dor]
  • C[-dor] / C[-dor]_ > [+dor]

Les deux dernières règles reflètent une règle générale du Nyqy : deux consonnes ne peuvent se suivre si elles sont toutes deux dorsales, la seconde devant alors changer sa qualité afin de se soumettre à la règle. Sa qualité haute ou coronale se reflète également lors du changement de qualité dorsale de la consonne, la qualité haute ou coronale étant considérées comme équivalentes en Ñyqy. Vous pouvez voir la table 5 qui récapitule les mutation des consonnes du Ñyqy dû à cette règle.

Tableau 5 : Table de mutation des consonnes du Ñyqy
[+dor] originale [-dor] mutée     [-dor] originale [+dor] mutée
q ħ     p χ
ɢ ʕ     b ʁ
ɴ m     m ʀ
t͡ʃ ɬ     n j
d͡ʒ ɮ     s x
w l     z ɣ

Ainsi, la phrase ñe pom qy/ɴɛ pɔʀ ħy/ ne se prononce pas */ɴɛ pɔm qy/, et la phrase qi bú pim mo coq/qɪ bu χɪm ʀɔ ɬɔq/ se ne prononce pas */qɪ bʊ pɪm mɔ t͡ʃɔq/.

2.4 Structure des mots

2.5 Processus phonologiques et morphophonémiques principaux

2.5.1 Harmonie des consonnes

2.6 Classes de mots

2.6.1 Noms

Les noms en Ñyqy se réfèrent généralement à des entités définies, comme des objets, des personnes, des concepts ou événements. Contrairement à beaucoup d’autres langues, et du fait de la nature très analytique de la langue, les noms ne supportent aucune caractéristique morphosyntaxique ; ils peuvent cependant s’associer à d’autres éléments du fait de leur nature, notamment grâce à des particules grammaticales.

2.6.1.1 La structure d’un nom
2.6.1.2 Dérivations
2.6.1.3 Inflections
2.6.1.4 Noms comptables et noms indénombrables
2.6.1.5 Noms propres

2.6.2 Pronoms et clitiques anaphoriques

2.6.2.1 Pronoms personnels
2.6.2.2 Pronoms démonstratifs

2.6.3 Verbes

2.6.3.1 Structure verbale
2.6.3.2 Dérivations verbales
2.6.3.3 Inflections verbales

2.6.4 Modifieurs

2.6.4.1 Adjectifs descriptifs
2.6.4.2 Quantifieurs non-numéraux
2.6.4.3 Numéraux
2.6.4.4 Adverbes

2.6.5 Adpositions

2.6.6 Particules grammaticales

2.7 Typologie de l’ordre des constituants

Le Ñyqy est une langue dont sa tête de groupes grammaticaux est généralement en fin dudit groupe. On peut voir avec l’arbre 3 que la structure générale d’une phrase standard démarre avec des éléments divers liés à la clause principale s’il y en a, auxquels on se référera généralement en tant qu’éléments obliques. Ces éléments ne sont liés au verbe ni par une relation grammaticale ergative, ni dative, ni absolutive. Ensuite vient la phrase nominale ergative, précédant la phrase dative, elle-même précédant la phrase verbale, contenant une phrase nominale absolutive et le verbe de la phrase, le dernier élément d’une phrase ñyqy/ɴyħy/. Les sous-chapitres suivants détailleront la composition de chacun de ces éléments.

Arbre de syntaxe basique du Ñyqy

Figure 3 : Arbre de syntaxe basique du Ñyqy

2.7.1 Clauses principales

2.7.2 Phrases verbales

2.7.3 Phrases nominales

2.7.4 Phrases adpositionelles

2.7.5 Comparatifs

2.7.6 Questions

2.7.7 Résumé

2.8 Structure d’un groupe nominal

2.9 Structure d’un groupe verbal

2.10 Prédicats nominaux et constructions similaires

2.10.1 Prédicats nominaux

2.10.2 Prédicats adjectivaux

2.10.3 Prédicats locatifs

2.10.4 Prédicats existentiels

2.10.5 Clauses possessives

2.11 Clauses intransitives

2.12 Clauses transitives

2.13 Clauses ditransitives

2.14 Clauses de type dépendant

2.14.1 Non-fini

2.14.2 Semi-fini

2.14.3 Fini

3 Système fonctionnel

3.1 Relations grammaticales

Il existe de façon universelle deux types de verbes : les verbes intransitifs, et les verbes transitifs. Ces premiers ne prennent qu’un seul argument obligatoire, un expérienceur –noté « S »–, alors que les verbes transitifs prennent deux arguments obligatoires : l’agent –noté A– effectuant souvent l’action, et le patient –noté P– étant souvent l’objet affecté par l’action. Par exemple :

  • Je dors.

    Verbe intransitif, « je » est expérienceur S.

  • Je mange une pomme.

    Verbe transitif, « je » est agent A, et « pomme » est patient P.

Dans la majorité des langues du monde, et dans la quasi-totalité des langues européennes (le Basque étant la seule exception), l’expérienceur et l’agent sont traités quasiment tout le temps à l’identique, formant le cas grammatical (souvent non marqué) s’opposant au cas accusatif marquant le patient, traité différemment.

À la différence des langues européennes, le Ñyqy est une langue dite « ergative » ; cela signifie que ses différents groupes nominaux ont une relation grammaticale envers leurs verbes basée sur l’association des expérienceurs et des patients, avec l’agent traité différemment. Ce premier regroupement S et P est alors appelé « cas absolutif » alors que le second est le « cas ergatif ».

Ainsi, comme nous le verrons dans le chapitre sur la syntaxe, l’élément absolutif restera en permanence en contact direct avec le verbe, tandis que l’élément ergatif les précédera, et pourra même être séparé du couple absolutif-verbe par des éléments datifs. Exemple :

  • ñy-0 qój/ɴy ħod͡ʒ/

    1sg-ABS dormir

    Je dors

  • ñy-0 pim-0 coq/ɴy pɪʀ ɬɔq/

    1sg-ERG pomme-ABS manger

    Je mange une pomme.

En revanche, le Ñyqy utilise un pivot nominatif entre ses différentes clauses. Cela signifie que l’élément persistant entre les phrases lorsqu’il subit une élision est l’élément correspondant au cas nominatif, soit l’argument S ou A du verbe. Exemple :

  • ñy-0 pim-0 coq. nócpi qój./ɴy pɪʀ ɬɔq not͡ʃpɪ qoɮ /

    1sg-ERG pomme-ABS manger. ensuite dormir.

    Je mange une pomme, puis (je) dors.

3.2 Constructions liées aux voix et à la valence

3.2.1 Causatifs

3.2.2 Applicatifs

3.2.3 Reflexifs et réciproquaux

3.2.4 Passif

3.2.5 Inverses

3.2.6 Démotion et omission d’objet

3.2.7 Incorporation d’objet

3.3 Nominalisation

3.3.1 Nominalisation d’action

3.3.2 Nominalisation de participants

3.3.2.1 Nominalisation d’agent
3.3.2.2 Nominalisation de patient
3.3.2.3 Nominalisation d’instrument
3.3.2.4 Nominalisation de lieux
3.3.2.5 Nominalisation de produit
3.3.2.6 Nominalisation de façon de faire

3.4 Temps, aspects, modes

3.4.1 Temps

3.4.2 Aspects

3.4.3 Modes

3.5 Structures marquées pragmaticallement

3.5.1 Variation d’ordre des constituents

3.5.2 Particules contrastives ou emphatiques

3.5.3 Modèle d’intonations contrastives ou emphatiques

3.5.4 Négation

3.5.5 Questions

3.5.5.1 Questions absolues
3.5.5.2 Questions relatives

3.5.6 Impératif

3.6 Combinaison de clauses

3.6.1 Verbes de série

3.6.2 Clauses complémentaires

3.6.3 Clauses adverbiales

3.6.4 Enchaînement de clauses

3.6.5 Clauses relatives

3.6.6 Coordination

3.7 Utilisation de la langue

3.7.1 Typologie lexicale

3.7.1.1 Espace, direction et mouvement
3.7.1.2 Causation
3.7.1.3 Perspective

3.7.2 Continuité et discontinuité

3.7.2.1 Continuité de sujet référenciel
3.7.2.2 Continuité thématique
3.7.2.3 Continuité d’action

4 Annexes

4.1 Textes avec traduction interlinéaire

4.2 Dictionnaire

4.2.1 B

/bu/
(pron) deuxième personne

4.2.2 C

coq/t͡ʃɔħ/
(v) manger

4.2.3 E

4.2.4 É

4.2.5 G

/ɢo/
(v) boire

4.2.6 I

4.2.7 J

4.2.8 M

mo/mɔ/
(gp.PST) particule grammaticale marquant le passé

4.2.9 N

nócpi/not͡ʃpɪ/
ensuite, puis

4.2.10 Ñ

ñe/ɴɛ/
(n) maison
ñy/ɴy/
(pron) première personne

4.2.11 O

4.2.12 Ó

4.2.13 P

pim/pɪʀ/
(n) pomme
pom/pɔʀ/
(gp) particule génitive

4.2.14 Q

qi/qɪ/
(nbr) deux
qój/qoɮ/
(v) dormir
qun/qʊn/
(gp.OPT) particule grammaticale marquant l’optatif
qy/qy/
(nbr) six, première sixaine. Voir §4.3

4.2.15 S

súmusq/suʀʊsq/
(n) maison communale

4.2.16 U

4.2.17 Ú

4.2.18 W

4.2.19 Y

4.2.20 Z

4.3 Nombres

Les locuteurs du Ñyqy comptaient dans un mélange de base 6 pour les unités et de base 13 pour le reste.

nombre nombre (représentation ñyqy) ñyqy
0 0 pe/pɛ/
1 1 mi/mɪ/
2 2 qi/qɪ/
3 3 /ne/
4 4 /ɢe/
5 5 co/t͡ʃɔ/
6 1-0 mi ñy/mɪ ɴy/ ou ñy/ɴy/
7 1-1 ñy mi/ɴy mɪ/
8 1-2 ñy qi/ɴy ħɪ/
9 1-3 ñy né/ɴy ne/
10 1-4 ñy gé/ɴy ʢe/
11 1-5 ñy co/ɴy ɬɔ/
12 2-0 qi ñy/qɪ my/
18 3-0 né ñy/ne ɴy/
24 4-0 gé ñy/ɢe my/
30 5-0 co ñy/t͡ʃɔ my/
36 6-0 pe ñy ñy/pɛ ɴy my/
42 7-0 mi ñy ñy/mɪ ɴy my/
48 8-0 qi ñy ñy/qɪ my ɴy/
54 9-0 né ñy ñy/ne ɴy my/
60 a-0 gé ñy ñy/ɢe my ɴy/
66 b-0 co ñy ñy/t͡ʃɔ my ɴy/
72 1-0-0 mi mó/mɪ ʀo/ ou /mo/
216 6-0-0 pe mó mó/pɛ ʀo mo/
864 1-0-0-0 mi si/mɪ xɪ/ ou si/sɪ/
1296 1-0-0-0-0 gec/ɢɛɬ/
7776 1-0-0-0-0-0 cójm/t͡ʃoɮʀ/
46656 1-0-0-0-0-0-0 ñuñ/ɴʊm/

Comme vous pouvez le voir, afin d’exprimer des bases plus élevées, l’ordre de grandeur est répété afin d’ajouter cinq au multiplicateur, permettant ainsi une base treize pour ce qui n’est pas des unités.

Pour convertir en base dix un chiffre Ñyqy, voici comment faire : les unités sont conservées telles quelles, et pour chaque équivalent de dizaines, que j’appellerai sixaines, les multiplier par six à la puissance de son décalage par rapport aux unités. Par exemple le nombre <gé si co mó mó ñy qi> (/ɢe sɪ t͡ʃɔ mɤ ʀɤ my qɪ/) se décompose ainsi :

gé si/ɢe sɪ/ co mó mó/t͡ʃɔ mo ʀo/ ñy/ɴy/ qi/qɪ/
4×63 5×62 1×61 2×60
4×216 5*36 1×6 2×1
864 180 6 2

Ce qui donne donc 1052.

4.4 Références

Notes de bas de page:

Auteur: Lucien Cartier-Tilet

Email: [email protected]

Created: 2019-11-05 mar. 23:56